• L’Objet en question(s): L’étagère Fréquence par le designer Jean Couvreur

    La rubrique “L’objet en question(s)” présente des portraits d’objet ou de séries d’objets, par leurs créateurs: l’histoire de leur genèse, leurs contraintes, leurs enjeux… Aujourd’hui, le designer Jean Couvreur, diplômé de l’Ensci en 2006 et intervenant aujourd’hui dans les domaines du design d’objet et du design d’espace, nous présente son projet d’étagère « Fréquence ». Interview :

    Pourriez-vous nous décrire votre projet en quelques mots?
    Il s’agit d’une bibliothèque composée d’étagères en aluminium. La dimension et la forme de la bibliothèque varie en fonction du sens et du nombre d’étagères installées. C’est un système constructif qui ne nécessite que l’assemblage d’une même pièce. Pas de pieds, pas de montants, les plateaux sont leur propre structure.

    Comment ce projet vous a-t-il été confié?
    C’est un projet qui a débuté en 2010. Invité en résidence au Pole Métiers d’art de Nontron, j’ai réalisé les prototypes de 3 bibliothèques en polystyrène (financé par le Pôle Expérimental Métiers d’Art, d’ailleurs). L’objectif était de générer des volumes ( et des rangements) à partir d’un seul et même bloc de polystyrène. J’ai dessiné et découpé une forme simple, comme la forme du signal d’une fréquence sur un oscilloscope , qui en se superposant permettait de déployer jusqu’à 210 cm de haut un bloc mesurant 50 cm au départ, sans aucune matière perdu. Le projet est resté à l’état de prototype pendant plusieurs années jusqu’à ce que je l’intègre à un projet d’aménagement de bureaux pour Nexity. Le projet ne s’est pas fait, mais ils ont retenu la bibliothèque. J’ai donc réalisé cette étagère, cette fois ci en aluminium et découpée en petites sections, pour être facilement assemblable et transportable. Puis quelques mois après j’ai rencontré Luc Monvoisin de Kataba, par le biais de Bold Design, le courant est passé tout de suite. Il m’a proposé d’éditer la bibliothèque et nous l’avons sorti en avril dernier à l’occasion de Workplace Paris .

    Quels étaient, selon vous, les principales contraintes et les principaux enjeux de ce projet?
    Le challenge était de garder la simplicité du concept de départ, montrer qu’on peux faire simple, solide et bien adapté à nos usages. Cette dernière intention est importante parce qu’il ne fallait pas que ce projet reste un exercice constructif, mais bien qu’il intègre dans la maison ou dans des espaces de travail. C’est pour ça que nous proposons par exemple différentes finitions et différents kits.

    Pourquoi le projet a-t-il, au final, cette forme et ce ou ces matériaux?
    J’ai commencé le projet par un modèle en polystyrène parce que ça me permettait d’avoir accès à de la matière en quantité, au moindre coût et à une mise en oeuvre économique grâce à la découpe numérique au fil chaud. Le projet a ensuite été envisagé en acier pour être plus pérenne, puis en aluminium pour des questions de poids.

    Quelles sont les difficultés que vous avez éventuellement rencontrées sur ce projet, et comment les avez-vous contournées?
    Je me rappelle que la première série que j’ai sorti en métal, l’entreprise fabriquant le prototype pensais que ça ne marcherait jamais. Ils avaient tout de même sorti une trentaine de pièces mais n’avait pas voulu les assembler entre elles. Sur place, j’ai moi même douté de la possibilité de construire cet objet d’apparence si simple, mais après quelques essais j’ai retrouvé le principe de construction de l’étagère et tout est devenu évident. Ils ont enfin pu manipuler l’objet et on a commencé à faire de la mise au point.

    Pour découvrir plus de travaux de Jean Couvreur, visitez son site internet.

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