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	<title>La Revue du Design &#187; Résultats de recherche  &#187;  Christian+GUELLERIN</title>
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	<description>Regards sur le design contemporain</description>
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		<title>[A LIRE] : Design : Replacer l’Homme au cœur de toutes choses</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Dec 2017 08:30:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>
		<category><![CDATA[Christian Guellerin]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
		<category><![CDATA[World design Summit]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Christian Guellerin, Directeur Général L’Ecole de Design Nantes Atlantique. Le « World Design Summit Organisation » réunissait à Montréal récemment – 23 au 25 Octobre 2017 – toutes les associations et structures internationales du design pour parler de leur responsabilité et de celles des designers, dans un monde bouleversé par des transitions radicales. Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em><img class="aligncenter size-full wp-image-17955" title="Larevuedudesign-tribune-analyse-Homme-Christian-Guellerin-World-Summit-Organisation-Montreal-design-01" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2017/12/Larevuedudesign-tribune-analyse-Homme-Christian-Guellerin-World-Summit-Organisation-Montreal-design-01.jpg" alt="" width="500" height="262" />Par Christian Guellerin, Directeur Général L’Ecole de Design Nantes Atlantique.</em></strong></p>
<p>Le <strong>« World Design Summit Organisation »</strong> réunissait à Montréal récemment – 23 au 25 Octobre 2017 – toutes les associations et structures internationales du design pour parler de leur responsabilité et de celles des designers, dans un monde bouleversé par des transitions radicales. Il a été très peu évoqué l’intelligence artificielle. Et pourtant, il s’agit pour les designers de définir les limites d’un nouvel Humanisme.</p>
<p><span id="more-17954"></span>Au début de l’ère industrielle, le design est né de cette préoccupation de retrouver les valeurs sémiotiques de l’artisanat, du « travail de la main », du sens et des valeurs de l’Humain au moment où les chaines d’assemblage désincarnées se substituaient au travail humain.<br />
La théorisation du « management scientifique »* de Ford, Taylor et Fayol conduisait à une analyse industrielle organisationnelle segmentée en deux grands ordres : ceux qui administrent, pensent, élaborent des procédés et des méthodes et ceux qui les exécutent sans avoir à réfléchir, au profit justifié de la productivité. Le design industriel naît de cette déshumanisation progressive de celui qui produit sur les chaines avec l’exigence de la pallier.<br />
Au XXIème siècle, l’arrivée de robots nous pose les mêmes questions. Ils sont de plus en plus perfectionnés et le fait que l’on prévoit qu’ils soient intelligents, capables de sensibilité et d’émotion, nous pose la question de notre relation à eux et plus généralement de l’Humanité. Quelles femmes et quels hommes devons-nous être, comment nous adapter dès lors que les robots vont se substituer à nous ? Là, est toute la fonction et la responsabilité du design et du designer.</p>
<p>L’Homme dans un réflexe démiurge va vouloir le robot à son image, sensible, le doter d’amour à la hauteur de celui qu’on lui portera. C’est inéluctable. Il faut voir l’amour de certains enfants pour leur nouveau Tamagochgi* ou bien l’attachement de certaines personnes âgées pour leur Nao pour comprendre que l’Humanisation des robots est en marche, comme elle l’a été pour les animaux reconnus récemment en France comme « êtres sensibles » et qui ont perdu au fil du temps leur rôle de bête. L’Arabie Saoudite – dans un souci humaniste peut-être – vient d’accorder la nationalité à un robot de sexe féminin. Que l’on accorde la nationalité à un robot est en soit remarquable, mais qu’on lui désigne un genre humain alors qu’il n’est que machine est tout autant questionnant.<br />
Le robot devient sexué et fait citoyen le même jour.<br />
L’intelligence artificielle va le rendre de plus en plus performant. Celui-ci dépasse déjà l’Homme quand il s’agit de jouer aux échecs, au jeu de go, il va le remplacer pour tous les travaux automatisés, il peint « comme Rembrandt », demain il sera peut-être le lien avec nos voisins, notre médecin, notre avocat, notre banquier, notre assureur, l’administration…La révolution est en marche. Les premiers robots sexuels envahissent les marchés et se substituent à l’Autre. Quel nouvel Amour faut-il définir pour ne pas se fourvoyer dans cette agonie de l’Humanité ?<br />
Les robots intelligents vont-ils aller jusqu’à inféoder l’Homme et en faire leurs valets, d’autant plus consentants qu’ils n’auront le choix que de les rendre le plus humain possible.<br />
« L’esclave devient tyran dès qu’il le peut »*. Le robot-humain doté d’intelligence artificielle risque en effet d’inféoder son créateur parce qu’il faut accepter qu’il sera plus performant en toutes choses.<br />
Elsebeth Gerner Nielsen, Recteur de la Kolding School of Design – dans son « A Manifesto for global Design and leadership » nous apprend : « Le XIXème et le XXème siècle obligent l’entreprise à deux questions : Qu’est-ce qui est profitable et qu’est-ce qui est technologiquement possible ? Au XXIème siècle, la question est : Qu’est-ce qui fait «sens» ? ». Ce qui fait sens, et c’est tout l’enjeu dorénavant du design, c’est de se poser la question de notre Humanité alors que nous serons envahis par les robots. La question du développement durable, de l’économie des ressources, des transitions digitales, des transitions protéiques, du vieillissement de la population, des nouvelles mobilités, de notre sécurité ne sont au fond que les avatars d’une question plus fondamentale : Comment l’Homme va t-il, doit-il s’adapter pour créer un monde plus harmonieux, alors que les robots intelligents vont profondément et rapidement « renaturer » toutes les relations sociales et remettre en cause la relation au travail. Pour les entreprises, au moment où l’on cherche à donner du sens, des valeurs, de la vertu aux activités économiques, la seule question qui vaille est : « Comment replacer l’Homme au centre de toutes choses ». La « Responsabilité Sociétale de l’Entreprise » ou bien les expériences d’ « entreprise libérée » ne sont que les prémisses bien-pensantes de cet élan. Il s’agit de se poser la question de l’Humanité des entreprises si elles veulent continuer à se développer sinon à ressembler à toutes les autres, à être confondues par manque de différence et d’identité et finalement être absorbées dans d’autres plus grosses par le jeu des concentrations financières. Il en est de même pour la société en général. La robotisation nous pose la question de notre adaptation Darwinienne, de nos nouvelles responsabilités à produire un monde plus juste, plus harmonieux et plus respectueux de la planète, dès lors que les robots nous envahissent. C’est tout l’enjeu du design.</p>
<p>* Montreal Design declaration disponible sur https://worlddesignsummit.com<br />
* https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamagotchi<br />
* « The Principles of the Scientific Management » – 1911 – Frederick Winslow Taylor<br />
* « La case de l’oncle Tom » Harriet Beecher-Stowe – La case de l’oncle Tom, trad. Louis Éhaut, p.337, Hachette, 1855</p>
<p>Sur le même thème, retrouvez plus de réflexions en visitant <a title="Archives" href="http://www.larevuedudesign.com/?cat=5" target="_blank">notre catégorie Analyses et Regards</a>.</p>
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		<title>[À LIRE / À MÉDITER] : Aux candidats à l&#8217;élection présidentielle: Designer(s) de la République</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Apr 2017 15:12:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>
		<category><![CDATA[Design]]></category>
		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[lettre ouverte]]></category>
		<category><![CDATA[société]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans une lettre ouverte cosignée par un collectif composé de designers, enseignants, chercheurs, chefs d&#8217;entreprise, les candidats à la prochaine élection présidentielle ont été interpellés sur le rôle du design dans la société française et proposent de nombreuses pistes pour que cette discipline devienne un moteur pour notre nation. Découvrez ce texte : Pourquoi c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16854" title="article" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2017/04/article.jpg" alt="" width="500" height="262" />Dans une <strong>lettre ouverte</strong> cosignée par un <strong>collectif composé de designers, enseignants, chercheurs, chefs d&#8217;entreprise</strong>, les <strong>candidats à la prochaine élection présidentielle ont été interpellés sur le rôle du design </strong> dans la société française et proposent de nombreuses pistes pour que cette discipline <strong>devienne un moteur pour notre nation</strong>. Découvrez ce texte : <span id="more-16853"></span><strong>Pourquoi c&#8217;est important</strong></p>
<p>Mesdames, Messieurs, Vous êtes candidat(e)s à la Présidence de la République, c’est à dire à la plus haute fonction de notre démocratie républicaine. La constitution vous confèrera, si vous êtes élu(e), des pouvoirs énormes qui vous permettront d’orienter la destinée de tout un pays.</p>
<p>Parce que la France rayonne, parce que nous vivons dans un monde ouvert et interconnecté, vos actions auront un impact au‐delà des frontières de ce pays, et votre responsabilité sera aussi européenne et mondiale.</p>
<p>Si vous êtes élu(e), vous serez mandaté(e) pour permettre à toutes celles et ceux qui résident dans ce pays d’avoir une vie meilleure, quel que soit son genre, sa couleur de peau ou sa nationalité, de manière individuelle et collective. Une vie meilleure, c’est aussi un emploi, et l’attractivité comme la compétitivité du pays en sont la condition.</p>
<p><strong>Quel est votre dessein ? Quels sont vos plans, c’est à dire votre dessin ? En d’autres termes, quel(le) designer voulez‐vous être ?</strong></p>
<p>Car c’est bien du design que vous allez faire : observer, comprendre, problématiser, imaginer, créer, proposer, tester, concrétiser, installer.</p>
<p>Pas seul(e), mais de manière collective. En joignant les intelligences, les disciplines, les sciences. En étant créatifs, en étant disruptifs, en sortant des formats. Et pour cela vous allez avoir besoin de design et de designers.</p>
<p>C’est une révolution que d’autres pays ont déjà faite, en intégrant explicitement le design au plus haut niveau de leur stratégie politique, industrielle et économique : le Royaume‐Uni, le Danemark, la Finlande, l’Inde, la Corée du Sud, ou Singapour. Dans ce dernier pays, c’est le Premier Ministre lui‐même qui impulse et annonce la stratégie Design de l’État, et qui explique pourquoi, à tout niveau, à chaque instant, il faut mettre en œuvre cette pensée opérationnelle dans les organisations publiques et privées.</p>
<p>Notre pays, fort d’un passé industriel glorieux, a laissé passer cette révolution qui institue le design comme un paradigme autant qu’un outil de développement industriel, économique et sociétal. Trop sûr de la toute puissance de la technologie et de l’ingénierie, notre pays a ignoré une approche bien plus en adéquation avec la réalité complexe du monde et la nécessité d’innover dans les organisations, les méthodes, les démarches, les collaborations et les pédagogies.</p>
<p>Il est (encore) temps de changer : l’écosystème du design est prêt à agir rapidement et efficacement, dans la mesure où une vision politique clairement affirmée et un plan d’action défini permettrait, contrairement aux errances passées, d’établir une véritable politique du design en France.</p>
<p>La France possède des écoles de design, publiques et privées, qui figurent parmi les meilleures du monde. Les designers qu’elles forment sont plébiscités partout dans le monde, parce qu’ils sont porteurs d’un génie français qui ne demande qu’à s’exprimer enfin pleinement en France. Nos grandes écoles d’ingénieurs et de management s’intéressent de plus en plus au design et aux designers. Nos industries de pointe comme celles des services, sont en train de découvrir la puissance du design en termes de création de valeur, de capacité d’innovation et d’ouverture de marchés.</p>
<p><strong>Que faire ? </strong></p>
<p>Nous vous proposons ici quelques idées dont nous savons qu’elles sont porteuses d’avenir, et sur lesquelles nous vous demandons de vous positionner.</p>
<ul>
<li><strong>Créer un Conseil National du Design</strong>, à l’instar du Conseil National du Numérique et qui aurait d’abord pour mission d’aider à la formulation et l’adoption d’une stratégie nationale du design, puis formuler de manière indépendante et de rendre publics des avis et des recommandations sur toute question relative à l’impact du design sur la société et l’économie. Il sera en charge du dialogue et des actions interministérielles de l’État en matière de design en prenant en compte la diversité des secteurs du design ; il aura aussi la mission de la mise en visibilité internationale du Design français (label « French Design »).</li>
<li><strong>Identifier et mettre en place</strong> les moyens financiers d’une stratégie nationale « Design ».</li>
<li><strong>Imposer la prise en compte d’une démarche Design</strong> dans toute réponse à appel d’offre émis par l’État et les collectivités territoriales.</li>
<li><strong>Mieux préparer les étudiants des écoles de design</strong> aux réalités technologiques, économiques et managériales.</li>
<li><strong>Intégrer systématiquement un enseignement du design</strong> dès l’école primaire et jusqu’au lycée, en s’inspirant de programmes et d’initiatives existants en France et dans le monde comme « Bâtisseurs de Possible » et « Design for Change ».</li>
<li><strong>Faire en sorte que le Design devienne formellement une discipline académique</strong>, au sens du CNU, afin que la France s’aligne sur tous les autres pays où la recherche en Design est organisée, identifiée et productive, et que des thèses en Design puissent ainsi être formellement soutenues.</li>
<li><strong>Favoriser l’articulation de la stratégie nationale de design</strong> aux initiatives européennes en matière d’innovation, notamment dans le cadre de H2020.</li>
<li><strong>Faire reconnaitre les niveaux de certification</strong> et de rémunération des designers dans les grilles socio‐professionnelles pour que les niveaux de rémunération des designers dans les entreprises soient en rapport avec leur valeur ajoutée.</li>
<li><strong>Reconnaître d’utilité publique</strong> certains organismes comme l’APCI (l’Association pour la Promotion de la Création Industrielle) qui promeut le design français en France et à l’international depuis plus de 34 ans, le VIA (Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement), FDE (France Design Éducation) qui regroupe les principales écoles de design françaises, l’AFD (Alliance Française des Designers) et bien d’autres, et en favoriser le rapprochement et la synchronisation sous l’ombrelle du Conseil National du Design.</li>
<li><strong>Favoriser la création d’un événement biennal mondial à Paris</strong>, autour du design dans toutes ses dimensions (éducation, recherche, industrie, économie, emploi, culture), en alternance avec l’autre grand événement mondial qu’est la Biennale Internationale de design de Saint‐Étienne, qu’il faut développer et soutenir.</li>
</ul>
<p>Ce sont là les premières orientations de ce qui pourrait aboutir à une vision politique d’un design au service d’un progrès réaffirmé et réinventé, dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de l’industrie, de l’emploi et de la culture. Nous vous interpellons aujourd’hui pour signifier sa nécessité absolue, mais plus encore l’urgence que ces enjeux soient enfin saisis et traités par des femmes et des hommes dont l’ambition est de faire réellement entrer ce pays dans le XXIe siècle.</p>
<p><strong>Sans design, nous pensons que c’est impossible. </strong></p>
<p><strong>Et vous ?</strong></p>
<p>-</p>
<p>Retrouvez la version originale de ce texte ainsi que la liste complète des premiers signataires <a title="Aux candidats aux élections présidentielles" href="https://secure.avaaz.org/fr/petition/Aux_candidats_a_lelection_presidentielle_Designers_de_la_Republique/?wCGiXlb&amp;utm_source=sharetools&amp;utm_medium=twitter&amp;utm_campaign=petition-416201-Aux_candidats_a_lelection_presidentielle_Designers_de_la_Republique&amp;utm_term=CGiXlb%2Bfr " target="_blank">ici</a>.</p>
<p>Il y a quelques semaines, le Directeur Général L’Ecole de Design Nantes Atlantique, Christian Guellerin, interpellait déjà les candidats dans <a title="Archives" href="http://www.larevuedudesign.com/2017/01/13/a-lire-presidentielle-pas-un-mot-sur-le-design/" target="_blank">un article à lire ici</a>.</p>
<p>Sur le même thème, retrouvez plus de projets en visitant <a title="Archives" href="http://www.larevuedudesign.com/?cat=5" target="_blank">notre catégorie analyses et regards</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>[A LIRE] : Évolution du design et du métier de designer</title>
		<link>http://www.larevuedudesign.com/2017/04/03/a-lire-evolution-du-design-et-du-metier-de-designer/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 Apr 2017 11:21:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>
		<category><![CDATA[alanlyse sur le design]]></category>
		<category><![CDATA[Design in tech report 2017]]></category>
		<category><![CDATA[métier de designer]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Christian Guellerin, Directeur Général L’Ecole de Design Nantes Atlantique. - Le récent rapport &#171;&#160;Design in Tech 2017&#160;&#187; rédigé par un groupe de scientifiques américains réunis autour de John Maeda fait le point sur l’évolution du design et du métier de designer au moment où les entreprises se tournent vers l’innovation pour appréhender les incertitudes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-16823" title="design-in-tech-report-2017-1-638" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2017/04/design-in-tech-report-2017-1-638.jpg" alt="" width="500" height="281" /></p>
<p><strong><em>Par Christian Guellerin, Directeur Général L’Ecole de Design Nantes Atlantique.</em></strong></p>
<p>-</p>
<p><strong>Le récent rapport &laquo;&nbsp;<a title="Design in Tech 2017" href="https://fr.slideshare.net/johnmaeda/design-in-tech-report-2017" target="_blank">Design in Tech 2017</a>&nbsp;&raquo; rédigé par un groupe de scientifiques américains réunis autour de John Maeda fait le point sur l’évolution du design et du métier de designer au moment où les entreprises se tournent vers l’innovation pour appréhender les incertitudes à venir. </strong></p>
<p><strong></strong><span id="more-16822"></span>Le design est devenu une discipline stratégique dans les entreprises qui n&#8217;ont d&#8217;autres choix que de se tourner vers l&#8217;innovation pour appréhender les transitions écologiques, énergétiques, digitales, économiques, sociologiques&#8230; des transitions qui nécessitent de prévoir et d&#8217;anticiper les usages, les marchés, les réseaux de distribution nouveaux&#8230; qui révolutionnent nos approches de production et marketing. Les capacités à produire et/ou à vendre ne sont plus seules au centre des préoccupations organisationnelles. La capacité à évoluer et à s&#8217;adapter en permanence, la flexibilité et l&#8217;agilité des structures et des personnels, deviennent primordiales dans les organisations du 21e siècle.</p>
<p>Les organisations doivent être flexibles et être en capacité permanente de &laquo;&nbsp;faire autre chose avec ce qu&#8217;elles savent faire&nbsp;&raquo;, nouveau paradigme industriel qui se substitue à celui du management scientifique &laquo;&nbsp;faire de mieux en mieux ce que l&#8217;on sait faire&nbsp;&raquo;. L&#8217;entreprise du 21e siècle doit être capable de changer de métier aussi facilement que les usages et les marchés se retournent. Au-delà des machines, des robots dont on pourra programmer le changement, ce sont les Hommes, leur talent à innover et à s&#8217;adapter rapidement, qui feront la performance.</p>
<p>Dans ce contexte, le design, cette formidable discipline qui consiste à représenter l&#8217;avenir, à en proposer des images, devient stratégique. Le designer apporte cette compétence-clé avec cette capacité à rendre objectifs des produits, des services, des organisations en même temps que son pouvoir de &laquo;&nbsp;suggérer demain&nbsp;&raquo; le rend responsable de fédérer toutes les compétences de l&#8217;entreprise &#8211; techniques, financières et marketing &#8211; autour d&#8217;une projection viable, acceptable et préhensible. L&#8217;avenir des entreprises passe par le design.</p>
<p>Le designer donne forme à demain pour pallier l&#8217;incertitude de ce dernier et son altérité, génératrices de stress, d&#8217;immobilisme et de contre-performance.</p>
<p>Le métier de designer évolue donc à mesure que ses responsabilités consistent à piloter l&#8217;entreprise et à assurer le leadership des projets d&#8217;innovation. Il sort de sa gangue de technicien de la création pour occuper les positions les plus stratégiques dans les organigrammes. Les plus grandes &laquo;&nbsp;Business Schools&nbsp;&raquo; intègrent désormais les programmes de &laquo;&nbsp;design thinking&nbsp;&raquo; dont la réflexion n&#8217;est jamais aussi puissante que quand il est porté par les designers eux-mêmes. Réfléchir est autant un exercice de l&#8217;esprit que de la main qui donne forme et réalité.</p>
<p>Autre enseignement du rapport &laquo;&nbsp;Design in Tech 2017&#8243;, la pertinence du design et l&#8217;implication des designers dans la création de start-ups. Aux États-Unis, en Chine, ailleurs, les designers sont de plus en plus sollicités dans la création d&#8217;entreprises innovantes. Alibaba, Visual China, Xiaomi ont été fondés par des équipes intégrant plusieurs designers. Le designer est devenu entrepreneur. Probablement parce que le &laquo;&nbsp;Design Thinking&nbsp;&raquo; ne suffit pas. Le designer est l&#8217;entrepreneur du &laquo;&nbsp;Design Doing&nbsp;&raquo;, comme il est entrepreneur de ses propres projets qui ne valent rien s&#8217;ils restent au stade de l&#8217;idée. Les compétences des designers ont évolué. Les capacités à lever des fonds, à les gérer et à manager les structures deviennent patentes. Au point même qu&#8217;elles pourraient modifier les rapports au capitalisme, moins mécanique et plus lié au talent et à l&#8217;éthique de ceux qui l&#8217;incarnent.</p>
<p>Le rapport nous apprend par ailleurs que l&#8217;avenir du design est digital. Comment pourrait-il en être autrement au moment où la culture digitale traverse tous les secteurs, toutes les disciplines, et va bouleverser tous nos environnements économiques et sociaux. L&#8217;apprentissage de la culture digitale, du codage, des langages de programmation va devenir essentiel à la pratique du design. Ils sont les nouveaux outils à côté desquels les designers ne pourront pas passer sans se les approprier. Le codage pourrait devenir aussi primordial que dessiner.</p>
<p>Enfin, le designer va avoir dans les années à venir un rôle clé dans cette réflexion autour de la place de l&#8217;humain dans la société. Historiquement, le design s&#8217;est développé à partir d&#8217;une réflexion à replacer les valeurs sémantiques de l&#8217;artisanat dans les entreprises industrielles. Au moment où l&#8217;on parle de substitution de l&#8217;Homme par le robot, où l&#8217;on parle de la fin de l&#8217;ère (du) travail, la question de la place de l&#8217;Humain dans l&#8217;appareil industriel et plus généralement dans la société doit être au centre des préoccupations des designers. Il ne s&#8217;agit pas de science et de technologie, ni de business, il s&#8217;agit d&#8217;humanisme.</p>
<p>-</p>
<p>Cet article a été publié une première fois sur <a title="Les Echos" href="https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-168094-evolution-du-design-et-du-metier-de-designer-2075728.php#ihDsYdoygTI7qEMs.99" target="_blank">le site Les Echos</a>, et nous remercions Christian Guellerin pour son aimable autorisation.</p>
<p>Sur le même thème, retrouvez plus de réflexions en visitant <a title="Archives" href="http://www.larevuedudesign.com/?cat=5" target="_blank">notre catégorie Analyses et Regards</a>.</p>
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		<title>[A lire] Présidentielle : pas un mot sur le design</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2017 08:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>
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		<category><![CDATA[Design]]></category>
		<category><![CDATA[Présidentielle]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Christian Guellerin, Directeur Général L&#8217;Ecole de Design Nantes Atlantique. Le design est devenu stratégique pour de nombreuses entreprises. Les établissements de formation se multiplient, tous les pays s’ordonnent à promouvoir le design et l’innovation. Jusqu’en Chine*, où les politiques ont bien compris qu’après le développement industriel, il convient de réfléchir différemment. En France, pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Par Christian Guellerin, Directeur Général L&#8217;Ecole de Design Nantes Atlantique.</em></strong></p>
<p><strong>Le design est devenu stratégique pour de nombreuses entreprises. Les établissements de formation se multiplient, tous les pays s’ordonnent à promouvoir le design et l’innovation. Jusqu’en Chine*, où les politiques ont bien compris qu’après le développement industriel, il convient de réfléchir différemment. En France, pas un mot.<span id="more-16448"></span></strong></p>
<p>Il faut reconnaître à Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Industrie, le fait d’avoir parlé du design. Pas celui qui magnifie un produit pour en fait une oeuvre d’art, pas celui qui ne ferait que se limiter aux belles tables, aux belles chaises, aux belles lampes… Non, celui qui fait gagner les entreprises, celui qui permet de créer des points de valeur ajoutée, de rendre les entreprises plus compétitives… Celui qui fait d’une cocotte minute, LA cocotte minute. Pour la cocotte minute, la plus belle courbe &laquo;&nbsp;design&nbsp;&raquo;, c’est &laquo;&nbsp;la courbe des ventes&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Et depuis son départ du gouvernement, plus rien sur le design, comme s’il s’était agi d’un effet de mode, un viatique créatif pour justifier le flou des &laquo;&nbsp;politiques industrielles françaises&nbsp;&raquo; depuis quelques années.</p>
<p>Le design est devenu une discipline stratégique pour les entreprises qui réfléchissent à leur avenir. Pour beaucoup d’entre elles, les modèles d’organisation et de management sont en train d’évoluer, voire de radicalement muter. S’il s’agissait naguère de faire de mieux en mieux ce que l’on savait faire tel que le management scientifique nous l’avait enseigné, les mutations auxquelles les entreprises doivent faire face obligent à d’autres réflexions. La globalisation, la responsabilité écologique, la transition digitale… obligent à d’autres fonctionnements et d’autres organisations. Les entreprises et plus généralement toutes les structures organisées, publiques ou privées doivent réfléchir autrement. Il s’agit de passer de &laquo;&nbsp;faire de mieux en mieux ce que l’on sait faire&nbsp;&raquo; à un autre paradigme : &laquo;&nbsp;Faire autre chose avec ce que l’on sait faire&nbsp;&raquo; et se mettre en capacité permanente de muter.</p>
<p>Le design aide à cette réflexion. Il spécule sur les usages à venir, les imagine, les représente. Il les crée parce qu’il les représente. Il les rend objectifs et leur donne du sens. Alors et au-delà d’être stratégique pour les entreprises, le design devient discipline de management. Représenter les usages de demain, c’est permettre d’ordonner les organisations autour du changement, celui qui est indispensable compte tenu des mutations des contextes socio-économiques.</p>
<p>Comme le souligne Elsebeth Gerner Nielsen, recteur de l’Université de Kolding au Danemark &laquo;&nbsp;Si les entreprises du 19e et du 20e siècles, se sont posé la question de ce qui est technologiquement possible ou économiquement profitable, les entreprises du 21e vont se poser la question de ce qui fait sens.&nbsp;&raquo;. Le design, parce qu’il préfigure la façon dont nous allons vivre demain, parce qu’il la dessine, la rend objective et lui donne sens, est l’instrument puissant de la représentation du monde inconnu dans lequel nous allons oeuvrer demain. La voiture sans chauffeur, elle qui pourrait rendre l’assurance inutile, l’arrivée du robot, celui qui pourrait remettre en cause le travail, l’avatar de sa propre personne, celui qui permettrait d’avoir le don d’ubiquité… Autant d’exemples de champs socio-économiques qu’il nous faut anticiper pour éviter de devoir les subir. Le design est ce formidable outil de représentation qui doit transversalement mettre autour de la table toutes les disciplines pour réfléchir à &laquo;&nbsp;quel monde demain&nbsp;&raquo; et préparer les entreprises, leur organisation, leur personnel à muter.</p>
<p>La France a la chance de bénéficier d’une image &laquo;&nbsp;design&nbsp;&raquo; exceptionnelle dans le monde entier. Le design français a du sens et donne une valeur ajoutée à tous les produits et services qui peuvent en revendiquer la marque. Si le &laquo;&nbsp;Made in France&nbsp;&raquo; est un argument marketing &#8211; politiquement démagogique et économiquement inepte -, le &laquo;&nbsp;Design by France&nbsp;&raquo; est lui porteur d’avenir, de valeur ajoutée et de sens. Il fait rayonner la France et est un vecteur puissant du développement de notre image, de notre industrie, de notre économie.</p>
<p>Il est dommage que les candidats à la présidentielle fassent campagne sur la promotion, l’adaptation, la compensation des recettes du passé, là où il s’agit de prévoir demain. Il conviendrait qu’il parle un peu de design et du formidable potentiel offert par les établissements d’enseignement supérieur français qui font du design un atout au service du développement économique.</p>
<p>* Tongji University vient de créer à Shanghai en partenariat avec de nombreux acteurs économiques le &laquo;&nbsp;Shanghai Institute of Design and Innovation&nbsp;&raquo;.</p>
<p>–<br />
Cet article a été publié une première fois sur le site <a title="Source" href="http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-164793-presidentielles-pas-un-mot-sur-le-design-2056312.php#OjwWWyJulmgbLBTc.99" target="_blank">Les Echos</a>, et nous remercions Christian Guellerin pour son aimable autorisation.</p>
<p>Sur le même thème, retrouvez plus de réflexions en visitant notre <a title="Archives" href="http://www.larevuedudesign.com/?cat=5" target="_blank">catégorie Analyses et Regards</a>.</p>
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		<title>Design management: réhabilitation du «travail de la main»</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Nov 2013 07:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement, formations, écoles]]></category>

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		<description><![CDATA[Ou comment les Ecoles de Design participent de la réconciliation entre « faire » et « faire faire ». Par Christian Guellerin. Au moment où se posent les problèmes de compétitivité des entreprises, où les économistes et les politiques n’ont de cesse de créer des Ministères, des commissions ou comités de « redressement » pour essayer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ou comment les Ecoles de Design participent de la réconciliation entre « faire » et « faire faire ».</strong></p>
<p><em>Par <a href="http://www.larevuedudesign.com/les-auteurs/#Christian Guellerin" target="_self">Christian Guellerin</a>.</em></p>
<p>Au moment où se posent les problèmes de compétitivité des entreprises, où les économistes et les politiques n’ont de cesse de créer des Ministères, des commissions ou comités de « redressement » pour essayer de sortir les pays occidentaux des crises successives et retrouver des modèles de croissance industrielle, est-il incongru de parler de la réhabilitation du « travail de la main&#160;» comme réponse – modeste certes – au déclin des industries occidentales?<span id="more-13937"></span></p>
<p>Faut-il s’étonner, alors que les enfants dessinent à l’école, travaillent le papier, le carton et autres matériaux, fabriquent divers objets, jouent au Lego ou au Meccano puis, plus tard, réalisent des maquettes ou aménagent leur chambre, qu’ils ne se consacrent une fois dans l’enseignement supérieur qu’à des tâches supposées intellectuelles, comme si la reconnaissance intellectuelle était vertu et le fait d’y « mettre les mains » dérisoire voire dégradant? Faut-il s’étonner qu’en France, en particulier, les meilleurs étudiants qui sortent de filières scientifiques abandonnent définitivement la culture technologique, et tous les aspects de la conception et de la fabrication des produits dès lors qu&#8217;ils accèdent aux meilleures Business schools? Faut-il s’étonner – comme le rappelait récemment le patron de Schneider – que les meilleures écoles d’ingénieurs ne produisent plus d’ingénieurs, et que les Centraliens préfèrent les salles de marché financier à Londres ou Francfort aux usines?</p>
<p>L’organisation scientifique du travail, depuis la révolution industrielle du milieu du 19ème siècle, n’a eu de cesse de séparer le travail intellectuel, confié aux «&#160;élites&#160;», et le travail manuel, confié aux ouvriers. Taylor dès la fin du 19e siècle modélise une organisation scientifique du travail (Scientific Management) qui conduit à séparer l’encadrement qui réfléchit, qui modélise, qui détermine les procédures, qui dicte les règles d’un « travail bien fait » à des ouvriers de moins en moins qualifiés puisque cantonnés à n’appliquer que des procédures et ne plus réfléchir. C’est à ce moment là que naît le design comme pour compenser cette « inhumanité » à séparer le corps de son esprit.</p>
<p>Cette organisation conduit évidemment à la disparition de l’ouvrier qualifié, celui qui réfléchit, celui qui lie la réflexion au travail de la main, au profit d’un ouvrier de moins en moins qualifié. Il faut se souvenir de Charlot dans « Les Temps modernes » qui, aussitôt qu’il pense, est « mangé » par la machine ou bien relire « 325000 Francs » de Roger Vaillant pour savoir que « réfléchir » conduit l’ouvrier à sa perte. Busard, le héros de Vaillant, son bras broyé par la presse qu’il pilote, est lui aussi mangé par la machine.</p>
<p>Cette organisation scientifique de l’entreprise a une vertu économique, celle de payer moins cher les ouvriers moins qualifiés. Mais, le bât blesse dès lors que d’autres pays émergent, payent les ouvriers encore moins cher et dénaturent les conditions de la concurrence. Et l’entreprise ne dispose plus de cette strate d’ouvriers qualifiés qui sont les premiers relais de la création et de l’innovation, ceux qui font le lien entre la stratégie et la « mise en pratique » industrielle. Faut-il aller plus loin pour comprendre le déclin de l’industrie dans les pays occidentaux?</p>
<p>Les récents travaux menés par ces mêmes entreprises autour des normes de qualité répondent – involontairement peut-être &#8211; au même objectif. Mettre en place des procédures &#8211; et devoir les appliquer, ce qui est la moindre des choses – obèrent la possibilité de ceux qui les appliquent à devoir réfléchir. De même qu’elles handicapent les structures dans leurs capacités à innover. Créer, innover, pour les zélateurs de la Qualité, c’est sortir de la norme et contrevenir à l’intérêt de l’entreprise. La politique de normalisation a permis à certaines entreprises de se structurer certes, mais en a conduit d’autres à la faillite par non-capacité à réformer les modèles mis en place et à innover.</p>
<p>Le « redressement productif » des entreprises industrielles occidentales passe peut-être par le fait de prendre « les choses en main ». Il s’agit de requalifier les personnels et de réhabiliter la vertu de la congruence entre l’esprit et la capacité à construire, dessiner, monter, démonter soi-même. Il s’agit de réhabiliter la capacité individuelle de chacun à construire de ses mains, pour être les premiers à mettre en œuvre l’innovation et lui donner sens. C’est pour cela que l’entreprise a besoin de designers, parce qu’au-delà de leurs idées de création, ils/elles font!</p>
<p>« La main est esprit » nous enseignent les Compagnons, il s’agit de s’en souvenir pour réconcilier la tête, l’idée, et le faire, l’agir. Aucun séminaire de «&#160;design thinking&#160;» n’a jamais modifié, ni développé une activité ou plus généralement une entreprise, ni généré la moindre valeur ajoutée. Seuls ceux qui prennent «les choses en main » permettent d’avancer. C’est pour cela que le «&#160;design thinking&#160;» ou tout séminaire de créativité n’a d’abouti qu’à la condition des designers. Aucun « post-it » au mur n’a jamais produit quelque chose.</p>
<p>Si j’étais « politique » en charge du développement industriel, je ferai en sorte de réhabiliter les cours de technologie et de travail manuel à l’école. Je les appellerais « cours de design et d’innovation » pour en dépoussiérer l’image et reconnaître la qualité de leurs enseignants dévoués et trop peu reconnus.</p>
<p>Et j’affirmerais la responsabilité des écoles de design de concilier le « faire-faire » et le « faire », condition d’un entreprenariat efficient, condition d’une ré-industrialisation de nos territoires.</p>
<p>Et si tout commençait par la réhabilitation du « travail de la main ».</p>
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