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	<title>La Revue du Design &#187; Résultats de recherche  &#187;  Irène+BERTHEZENE</title>
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	<description>Regards sur le design contemporain</description>
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		<title>État des lieux de la promotion et de la valorisation du design en France, suite (et fin)*</title>
		<link>http://www.larevuedudesign.com/2012/02/23/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la-valorisation-du-design-en-france-suite-et-fin/</link>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 02:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Irène Berthezène. *Le sujet a déjà fait l&#8217;objet de deux articles, publiés le 9 février et le 16 février. Nous avions déjà relevé, dans notre premier article, le peu de visibilité sur les actions de l&#8217;État français en faveur de la promotion et de la valorisation du design. Il faut croire que le Ministère de l&#8217;Économie, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par <a href="http://www.larevuedudesign.com/les-auteurs/#Irène Berthezène">Irène Berthezène</a>.</em></p>
<p><em>*Le sujet a déjà fait l&#8217;objet de deux articles, publiés le <a href="http://www.larevuedudesign.com/2012/02/09/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la-valorisation-du-design-en-france-premiere-partie/">9 février</a> et le <a href="http://www.larevuedudesign.com/2012/02/16/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la-valorisation-du-design-en-france-deuxieme-partie/">16 février</a>.</em></p>
<p>Nous avions déjà relevé, dans notre premier article, le peu de visibilité sur les actions de l&#8217;État français en faveur de la promotion et de la valorisation du design. Il faut croire que le Ministère de l&#8217;Économie, des Finances et de l&#8217;Industrie s&#8217;est fait la même réflexion puisqu&#8217;Éric Besson, Ministre chargé de l&#8217;Industrie, de l&#8217;Énergie et de l&#8217;Économie numérique a fait palpiter la planète design à l&#8217;occasion de son discours (téléchargeable <a href="http://www.economie.gouv.fr/presse/discours/399" target="_newtab">ici</a>) lors de la 9ème conférence européenne sur les enjeux du design en Europe, le 9 janvier 2012.<span id="more-12297"></span></p>
<p>L&#8217;intervention d&#8217;Éric Besson a clôturé la conférence organisée par l&#8217;<a href="http://www.apci.asso.fr/" target="_newtab">APCI</a> en apothéose pour cette dernière et pour sa présidente Anne-Marie Boutin. Après avoir rappelé l&#8217;importance de l&#8217;intégration du design dans les entreprises, et s&#8217;être félicité de l&#8217;existence du site <a href="http://www.entreprise-et-design.fr/" target="_newtab">www.entreprise-et-design.fr</a> (sic), le ministre a en effet annoncé la création d&#8217;un Centre National du Design, une &laquo;&nbsp;plateforme du design en France&nbsp;&raquo; sur le modèle de celles existant en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. Sa construction a été confiée l&#8217;APCI. Si tout le monde s&#8217;accorde à saluer l&#8217;initiative tant attendue, la nouvelle a provoqué quelques remous dans le bain déjà très tiède des organismes de promotion du design qui ont été tenus à l&#8217;écart de ce projet, et qui n&#8217;ont pas hésité à émettre immédiatement quelques réserves sur son pilotage par l&#8217;APCI, son programme ou son budget. Il est décidément frappant de constater à quel point le design est un gâteau appétissant qui provoque convoitise et jalousie.</p>
<p>Laissons là ces querelles de boutiquiers et analysons un peu l&#8217;initiative d&#8217;Éric Besson. Le ministre souhaite, outre la création de ce centre, l&#8217;intégration du design dans l&#8217;action des pôles de compétitivité*, et l&#8217;élaboration d&#8217;un référentiel des métiers du design à usage des entreprises (Ce dernier point satisfera sans doute l&#8217;adjointe au maire de Paris chargée du commerce, de l&#8217;artisanat, des professions indépendantes et des métiers d&#8217;art, Lyne Cohen Solal (lire <a href="http://projectitude.com/2011/12/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la.html" target="_newtab">l&#8217;article du 05/12/11</a>)). Voilà pour les lignes directrices très générales, à mettre en œuvre par l&#8217;APCI avec un budget restreint : un million d&#8217;euros. Le tout est donc plus une ébauche d&#8217;un dispositif dont les cases restent à remplir, qu&#8217;un projet nourri par des idées audacieuses pour le design. On est loin d&#8217;une vision ambitieuse d&#8217;une profession impliquée dans la vie et la transformation de la société.</p>
<p>Et pourquoi pas? Dans le domaine du design comme ailleurs, il n&#8217;est plus très réaliste de tout attendre d&#8217;un État aujourd&#8217;hui assez peu providentiel. Les clefs du projet se retrouvent donc dans les mains d&#8217;Anne-Marie Boutin. La présidente de l&#8217;APCI, pour qui  la nouvelle ressemble fort à une consécration, a déjà annoncé que la priorité pour elle et son équipe (pas de formation d&#8217;une nouvelle équipe pour le moment, pas de lieu dédié non plus) serait de trouver des fonds privés pour faire fonctionner le centre. Au delà de l&#8217;aspect financier (et des règlements de compte avec les autres organismes de promotion du design) les actions à mener n&#8217;ont pas été vraiment énoncées.</p>
<p>On l&#8217;aura compris dans le discours de M. Besson, il s&#8217;agit avant tout de valoriser le design au sein des entreprises. C&#8217;est la grande idée plus très nouvelle qui fait courir tout le monde, à toutes les échelles de l&#8217;organigramme embrouillé des &laquo;&nbsp;décideurs&nbsp;&raquo; du monde du design. Bien sûr, les designers ont tout à y gagner : des emplois, une clarification de leurs fonctions, une reconnaissance de leur pratique. Bien sûr, c&#8217;est une bonne idée. Mais ne peut-on pas, enfin, dépasser les enjeux économiques du métier, ou du moins s&#8217;en affranchir quelques instants, le temps d&#8217;une réflexion plus théorique, plus culturelle peut-être, sur l&#8217;avenir de la profession, sur ses transformations en cours et à venir, sur ses besoins et ses ressources? Qui, mieux que les designers, sait ce qui pourrait être moteur pour eux, ce qui pourrait les aider à fédérer leur profession, à en faire un outil économique, social, culturel indispensable pour la France? Un Centre National du Design, certes, mais pour qui, si ce n&#8217;est pas pour les designers?</p>
<p>Au fil des ces articles, deux constats se sont imposés. Le premier, c&#8217;est que la promotion et la valorisation du design en France ressemble fort pour le moment à une vaste cour de récréation. Le deuxième est un comble : il semble que nous, designers, soyons les grands oubliés de la politique du design en France. La plupart des designers l&#8217;ont compris, qui n&#8217;attendent plus rien depuis longtemps de ces organismes, mais préfèrent mener à bien et avec cœur de beaux projets pour les individus et leur environnement, pour les groupes, pour la société. C&#8217;est ceux là que je préfère, au travers de mon blog PROJECTitude, aimer et relayer. Le Centre National du Design n&#8217;a pas encore vu le jour, il est peut-être déjà le terreau d&#8217;idées formidables pour les entreprises, et on lui souhaite bonne chance, sincèrement. Mais pour faire émerger les beaux projets et interroger les designers sur l&#8217;avenir de leur profession, PROJECTitude a décidé de ne pas l&#8217;attendre.</p>
<p>&#8211;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes:</span><br />
* Un pôle de compétitivité rassemble sur un territoire donné, des entreprises, des laboratoires de recherche et des établissements de formation pour développer des synergies et des coopérations. L’enjeu est de s’appuyer sur les synergies et des projets collaboratifs et innovants pour permettre aux entreprises impliquées de prendre une position de premier plan dans leurs domaines en France et à l’international.</p>
<p>&#8211;</p>
<p><em>Cet article est également paru sur le blog d&#8217;Irène Berthezène: <a href="http://projectitude.blogspot.com/2012/01/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la.html">Projectitude</a>.</em></p>
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		<title>État des lieux de la promotion et de la valorisation du design en France &#8211; Deuxième partie*</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 02:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Irène Berthezène. *La première partie a été publiée la semaine dernière, et la troisième et dernière partie sera publiée la semaine prochaine. La dixième tribune critique &#171;&#160;design au banc&#160;&#187;, excellente initiative menée conjointement par le VIA et le Centre Pompidou, s&#8217;est tenue en fin d&#8217;année dernière. Le sujet, hautement d&#8217;actualité en ce début de campagne électorale [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par <a href="http://www.larevuedudesign.com/les-auteurs/#Irène Berthezène">Irène Berthezène</a>.</em></p>
<p><em>*La première partie a été publiée la semaine dernière, et la troisième et dernière partie sera publiée la semaine prochaine.</em></p>
<p>La dixième tribune critique <a href="http://www.via.fr/fr/evenements-design-au-banc-10.asp#top" target="_newtab">&laquo;&nbsp;design au banc&nbsp;&raquo;</a>, excellente initiative menée conjointement par le VIA et le Centre Pompidou, s&#8217;est tenue en fin d&#8217;année dernière. Le sujet, hautement d&#8217;actualité en ce début de campagne électorale pour les présidentielles de 2012, était énoncé de deux manières différentes selon les supports : &laquo;&nbsp;politiques du design&nbsp;&raquo;, ou &laquo;&nbsp;design et politique&nbsp;&raquo;. Hésitation qui en dit long sur la polysémie de ces deux termes, mais surtout sur les divergences de point de vue sur le sens à donner à la relation entre le design et la politique : Le design comme secteur économique à soutenir et valoriser, ou/et le design comme outil de construction de la cité?<span id="more-12293"></span></p>
<p>Malheureusement, en une heure et demi, les intervenants (Chloé Braunstein-Kriegel, experte et critique en design, Jean-Charles Gaté, directeur de la publication Design fax, et Yves Mirande, journaliste et consultant design) ont tout juste eu le temps de donner quelques exemples d&#8217;actions publiques ou privées plus ou moins réussies en faveur du design, au niveau local, régional et international. Ce qui aurait pu être des bases de réflexion sur les initiatives à mener en matière de politique du design en sont restées au stade d&#8217;exemples. Chloé Braunstein-Kriegel, qui exposait la partie internationale, a à peine eu le temps d&#8217;esquisser quelques pistes intéressantes sur le potentiel du design en matière de politique, lorsqu&#8217;il est pensé autrement que sous forme d&#8217;évènements culturels à fort potentiel de communication. Difficile de leur reprocher de n&#8217;avoir pas fait plus qu&#8217;un état des lieux, le temps était limité et le sujet à prendre avec des pincettes. Il faut dire qu&#8217;il provoque facilement le débat, et comme l&#8217;a rappelé avec tact Michel Bouisson en introduction, chacun des intervenants était partie prenante dans l&#8217;affaire, lui-même, le médiateur, représentant les valeurs (et les intérêts) du VIA.</p>
<p>La mise en garde était utile puisque la tribune a effectivement failli tourner au pugilat. Lyne Cohen Solal, adjointe au maire de Paris chargée du commerce, de l&#8217;artisanat, des professions indépendantes et des métiers d&#8217;art, était présente dans la salle et s&#8217;est vivement défendue des accusations portées à l&#8217;encontre de la mairie de Paris au sujet du projet &laquo;&nbsp;Docks en Seine&nbsp;&raquo;*, en mal de vocation précise et de locataires. Elle a renvoyé la balle aux organismes de valorisation du design, qui ne fourniraient pas d&#8217;annuaire de designers. Accusation à moitié fondée, puisque s&#8217;il existe bien des bases de données sur les designers sur les sites du VIA, du Lieu du Design et de l&#8217;APCI, aucune n&#8217;est vraiment complète, interactive, pensée comme véritable outil de travail pour les entreprises, mais aussi pour les designers.</p>
<p>Ce qui nous ramène au sujet principal. Au delà des frictions et petites mesquineries que la tribune a mis en lumière, on rêverait qu&#8217;elle soit le point de départ d&#8217;une concertation nationale auprès des acteurs du monde du design (designers, entreprises, organismes de valorisation du design, syndicats, écoles&#8230;) sur ce que pourrait être une politique du design en France. Et il y a urgence si l&#8217;on veut faire bouger les choses pendant le prochain quinquennat. Alain Cadix, directeur de l&#8217;ENSCI/Les Ateliers, a brillamment ouvert la voie en janvier dernier avec son <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/06/pour-un-secretaire-d-etat-charge-du-design_1461207_3232.html" target="_newtab">point de vue</a> publié dans Le Monde des Idées <em>&laquo;&nbsp;Pour un secrétaire d&#8217;Etat chargé du design&nbsp;&raquo;</em>. Il y explique de manière didactique en quoi le design est source d&#8217;innovation pour un pays, et propose une dizaine de mesures à prendre pour mieux l&#8217;intégrer dans la vie publique. Pour le moment, c&#8217;est au niveau régional que les initiatives sont les plus intéressantes. Il faut citer <a href="http://www.la27eregion.fr/" target="_newtab">la 27ème région</a>, &laquo;&nbsp;laboratoire de transformation publique&nbsp;&raquo; qui propose aux régions d&#8217;expérimenter des méthodes de design dans des actions publiques, prenant ainsi une longueur d&#8217;avance sur les ministères (voir leur ouvrage <a href="http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110079954/" target="_newtab"><em>&laquo;&nbsp;Design et Politiques Publiques&nbsp;&raquo;</em></a>). Enfin laconservatrice du département design du Musée d&#8217;Art Moderne de New York Paola Antonelli nous fait rêver avec son <a href="http://seedmagazine.com/content/print/on_governing_by_design/" target="_newtab">article</a> &laquo;&nbsp;<em>On Governing by Design&nbsp;&raquo;</em> paru sur le site de Seedmagazine. Peu importe la nationalité de celui ou celle qui a de bonnes idées. Elle aussi voit le design comme une méthodologie progressiste, basée sur des scénarios qui mettent l&#8217;individu au cœur de toutes les problématiques publiques. Elle cite notamment les Pays-Bas, Singapour, la Corée comme exemples à suivre.</p>
<p>Chloé Braunstein-Kriegel a employé le mot juste jeudi dernier, rappelant qu&#8217;il s&#8217;agit pour les décideurs politiques d&#8217;avoir une <em>vision </em>pour le design ; et Frans Timmermans, alors ministre néerlandais des Affaires Européennes, était allé plus loin à l&#8217;occasion de l’exposition &laquo;&nbsp;Archéologie du futur : 20 ans de tendances vues par Lidewij Edelkoort&nbsp;&raquo;<em> </em>présentée en 2009 à l’Institut néerlandais de Paris : <em>&laquo;&nbsp;je suis étonné de voir que le design, en France, n’a pas cette place primordiale qu’il devrait avoir. Le design a un impact sur la politique. Il ne sert pas uniquement à vendre des produits, <strong>il est une vision de la politique d’un pays</strong>&laquo;&nbsp;.</em></p>
<p>Oui, le projet de design remet en permanence l&#8217;humain au centre du processus de création. Oui, il est un vecteur d&#8217;innovation dans les domaines de la santé, de la solidarité, de l&#8217;éducation, des énergies, du logement, pour ne citer que quelques thèmes de campagne. Oui, les designers ont l&#8217;imagination et les outils nécessaires pour proposer de nouvelles manières de vivre ensemble. N&#8217;est-ce pas cela, faire de la politique? Alain Cadix a exposé de nombreuses idées à mettre en œuvre dans ce sens. D&#8217;autres modalités de participation des designers à la vie politique pourraient se définir au sein de la démocratie participative. Il s&#8217;agirait pour eux de prendre une part active dans les processus de coproduction citoyenne, via internet notamment, déjà en place dans d&#8217;autres pays comme l&#8217;Islande, et sur lesquels de plus en plus de partis français travaillent. Alors quel organisme de valorisation du design est prêt à relever le défi d&#8217;une &laquo;&nbsp;coproduction citoyenne de designers&nbsp;&raquo; pour 2012?</p>
<p>&#8211;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes:</span><br />
*Baptisée &laquo;&nbsp;la Cité de la Mode et du Design&nbsp;&raquo;, ce bâtiment vert en bord de Seine qui intrigue les parisiens depuis quatre ans n&#8217;a toujours pas été inauguré. Il devrait l&#8217;être en mars 2012. Pourtant la vocation du lieu reste floue, et les locaux sont pour le moment peu occupés. Aucun axe fort ne semble s&#8217;être dégagé des différends qui opposent sur le sujet la Mairie de Paris et la Caisse des Dépôts (via sa filiale Icade).</p>
<p>&#8211;</p>
<p><em>Cet article est également paru sur le blog d&#8217;Irène Berthezène: <a href="http://projectitude.com/2011/12/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la.html" target="_blank">Projectitude</a>.</em></p>
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		<title>État des lieux de la promotion et de la valorisation du design en France &#8211; Première partie*</title>
		<link>http://www.larevuedudesign.com/2012/02/09/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la-valorisation-du-design-en-france-premiere-partie/</link>
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		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 02:00:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Irène Berthezène. *La seconde partie sera publiée la semaine prochaine La politique nationale en matière de design n&#8217;est pas des plus limpides. En faisant des recherches, il est difficile de trouver une quelconque ligne directrice, voire difficile de trouver quoi que ce soit tout court. Première dispersion: en matière de politique publique, le design dépend [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par <a href="http://www.larevuedudesign.com/les-auteurs/#Irène Berthezène">Irène Berthezène</a>.</em></p>
<p><em><em></em>*La seconde partie sera publiée la semaine prochaine</em></p>
<p>La politique nationale en matière de design n&#8217;est pas des plus limpides. En faisant des recherches, il est difficile de trouver une quelconque ligne directrice, voire difficile de trouver quoi que ce soit tout court. Première dispersion: en matière de politique publique, le design dépend alternativement ou conjointement du Ministère de la Culture et de la Communication, et du Ministère de l&#8217;Économie, des Finances et de l&#8217;Industrie. Cette double tutelle semble légitime quand on sait à quel point le métier de designer est protéiforme, mais elle n&#8217;aide pas la profession à se fédérer autour d&#8217;un programme clair.<span id="more-12288"></span></p>
<p>Du côté du Ministère de l&#8217;Économie, des Finances et de l&#8217;Industrie, où le design est avant tout perçu comme un facteur d&#8217;innovation, l&#8217;effort porte sur la promotion du design auprès des entreprises. En mai 2010, l&#8217;<a href="http://www.apci.asso.fr/" target="_newtab">APCI</a> (Agence pour la Promotion de la Création Industrielle), la <a href="http://www.citedudesign.com/" target="_newtab">Cité du design</a>, et l’<a href="http://www.ifm-paris.com/" target="_newtab">IFM</a>(Institut Français de la Mode) ont rendu au ministère un rapport sur l&#8217;économie du design en France, qui met en exergue la méconnaissance du métier par les PME et PMI. Pourtant des efforts sont fournis, en premier lieu par le ministère lui-même, qui a mis en ligne le site <a href="http://www.entreprise-et-design.fr/" target="_newtab">&laquo;&nbsp;Entreprise et Design&nbsp;&raquo;</a> à vocation pédagogique. Sur le portail, le chef d&#8217;entreprise égaré est encouragé: &laquo;&nbsp;ils ont réussi avec le design, faites comme eux!&nbsp;&raquo;. S&#8217;il expose assez clairement la valeur ajoutée du design pour l&#8217;entreprise et les modalités des collaborations possibles avec un designer, le site lui-même ne respiremalheureusement pas la créativité et l&#8217;innovation. Il ne présente aucune image de projets de design, et n&#8217;a pas été actualisé depuis janvier. Ce site semble être à l&#8217;image de la politique du ministère: pleine de bonne volonté, mais appliquée de manière erratique grâce à des ressources humaines et financières que l&#8217;on imagine volontiers restreintes.</p>
<p>Pourtant les relais existent, et sont même légion ; quel designer ne s&#8217;est pas demandé quel organisme se cachait derrière cet énième acronyme contenant le D de Design? Tout le monde semble cavaler pour valoriser et promouvoir cet appétissant gâteau qu&#8217;est le design: la Cité du Design, <a href="http://www.lelieududesign.com/" target="_newtab">le Lieu du Design</a>, l&#8217;APCI (Agence pour la Promotion de la Création Industrielle), <a href="http://www.design-france.fr/" target="_newtab">Design France</a>, l&#8217;<a href="http://www.institutfrancaisdudesign.com/L_Institut/index.htm" target="_newtab">IFD</a> (Institut Français du Design), le <a href="http://www.via.fr/" target="_newtab">VIA</a> (Valorisation de l&#8217;Innovation dans l&#8217;Ameublement), l&#8217;<a href="http://www.alliance-francaise-des-designers.org/" target="_newtab">AFD</a> (Alliance Française des Designers), la <a href="http://www.federation-du-design.com/" target="_newtab">FÉDI </a>(Fédération du Design) <em>etcétéra, etcétéra</em>&#8230; Sans parler des structures régionales, privées, des écoles, musées, galeries, revues, qui lancent des projets de recherche, élaborent des chartes, organisent des colloques, formations, rencontres.</p>
<p>Toute cette agitation est plutôt bon signe pour la profession, et les belles initiatives ne manquent pas. Mais les principaux intéressés, à savoir les designers, savent rarement à qui il faut s&#8217;adresser pour tel ou tel service, et, désorientés face à cette offre cacophonique, se sentent peu concernés par ce qui pourrait être une politique globale, mais qui pour eux ressemble surtout à une gigantesque usine à gaz. Non seulement ces organismes coordonnent assez peu leurs actions, mais en viennent même parfois à se mettre en concurrence entre elles, comme l&#8217;a montré l&#8217;affligeant &laquo;&nbsp;duel&nbsp;&raquo; Designers Days vs Paris Design Week¹, ou bien la teneur de la lettre publique de l&#8217;AFD: <em>&laquo;&nbsp;pour de réels partenariats&nbsp;&raquo;</em> adressée au Lieu du Design². Tout cela ne contribue pas, hélas, à fédérer la profession.</p>
<p>Alors qui fait quoi, qui dépend de qui, qui travaille avec qui? Dans les &laquo;&nbsp;poids lourds&nbsp;&raquo; de la promotion du design, La Cité du Design (organisme public implanté en région Rhône-Alpes) et l&#8217;APCI (organisme privé) s&#8217;appliquent à  former et informer les designers, les entreprises mais aussi le grand public, par le biais de partenariats, de concours, d&#8217;expositions: Biennale Internationale du Design de Saint-Étienne, Observeur du design&#8230; Le VIA (financé par l’Union nationale des industries françaises de l’ameublement UNIFA) ou la Villa Noailles (association financée par les deniers publics), eux, ont un rôle stimulant pour une création plus pointue, grâce aux cartes blanches ou aux aides à projet pour l&#8217;un, au festival international de la Design Parade pour l&#8217;autre. Au niveau régional, <a href="http://www.ateliersdeparis.com/" target="_newtab">Les Ateliers de Paris</a> offrent de vrais services aux &laquo;&nbsp;porteurs de projets&nbsp;&raquo; que peuvent être, entre autres, les designers (assistance juridique, formations, résidences, expositions). Toujours en Ile-de-France, le jeune Lieu du Design a fait beaucoup parler de lui à son ouverture, mais semble peiner à définir ses missions et son champ d&#8217;action.</p>
<p>A noter enfin, parmi les acteurs qui jouent désormais un rôle important dans la construction d&#8217;une identité française du design, le syndicat AFD (Alliance Française des Designers). L&#8217;AFD défend les droits des designers, et ne manque pas de tirer à bout portant dès qu&#8217;elle constate une irrégularité qui pourrait porter préjudice à la profession. Sur leur site, les marchés publics ou concours aux règlements non conformes au droit du travail sont sur liste noire, les structures de valorisation du design qui se font mousser de manière abusive sont épinglées. Elle vient de publier une &laquo;&nbsp;charte AFD des marchés publics&nbsp;&raquo;, qui donne un cadre pour concevoir un &laquo;&nbsp;Avis d’appel public à la concurrence&nbsp;&raquo; (AAPC) respectueux des meilleures pratiques de commande publique de design.</p>
<p>Car il s&#8217;agit bien de structurer et d&#8217;encadrer une discipline qui peine à trouver sa place au sein de l&#8217;économie nationale ; et l&#8217;État en tant qu&#8217;employeur, s&#8217;il avait un seul rôle à jouer, serait celui d&#8217;exemple. C&#8217;est pour cette raison que la charte AFD est une initiative cruciale, parce qu&#8217;elle ouvre la voie vers des collaborations justes et normalisées. Le paradoxe est bien là: comment &laquo;&nbsp;standardiser&nbsp;&raquo; une profession qui ne cesse de se redéfinir et d&#8217;élargir le territoire de son action? Comment communiquer auprès des entreprises et du grand public, quand le contenu du message ne cesse d&#8217;évoluer? La presse sans doute ne joue pas son rôle de pédagogue, en transmettant une vision lissée du design à travers des images marketées et accompagnées de textes sibyllins. Les structures de valorisation et de promotion du design devraient se coordonner et collaborer pour que la discipline puisse présenter un corpus cohérent, non seulement de designers, mais d&#8217;idées, en France et à l&#8217;étranger.</p>
<p>Mais il ne faut pas se retrancher uniquement derrière les acteurs publics: les designers, individuellement, doivent se sentir responsables du devenir de leur profession et de l&#8217;image qu&#8217;ils donnent. Ils ont l&#8217;obligation de fournir les premiers un effort de cohésion et d&#8217;être exigeants face aux clients, aux institutions et à la presse. Parce que comme le veut l&#8217;adage populaire, on n&#8217;a que ce qu&#8217;on mérite.</p>
<p>&#8211;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Notes:</span><br />
1. Les <a href="http://www.designersdays.com/" target="_newtab">Designer&#8217;s Days</a>, le parcours parisien du design qui a lieu chaque année au printemps, et qui regroupe notamment les grosses maisons d&#8217;édition établies à Paris, s&#8217;est vu cette année concurrencée par la <a href="http://www.parisdesignweek.fr/" target="_newtab">Paris Design Week</a> (lancée par les organisateurs de Maison &amp; Objet). Cette &laquo;&nbsp;queue de poisson&nbsp;&raquo; a donné lieu à un arbitrage sévère de la Mairie de Paris, qui a choisi de défendre le parcours plus historique que constituent les Designer&#8217;s Days.<br />
2. Cette lettre datée du 6 juin 2011 est consultable sur le blog de l&#8217;<a href="http://www.alliance-francaise-des-designers.org/" target="_newtab">AFD</a>.</p>
<p>&#8211;</p>
<p><em>Cet article est également paru sur le blog d&#8217;Irène Berthezène: <a href="http://projectitude.com/2011/11/etat-des-lieux-de-la-promotion-et-de-la.html" target="_blank">Projectitude</a>.</em></p>
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		<item>
		<title>Domotique vs Microbial Home: la maison intelligente en question</title>
		<link>http://www.larevuedudesign.com/2011/12/06/domotique-vs-microbial-home-la-maison-intelligente-en-question/</link>
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		<pubDate>Tue, 06 Dec 2011 08:14:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ANALYSES ET REGARDS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Irène Berthezène. Psychoarchitecture, Berdaguer et Péjus, 2009 &#8211; Résine (stéréolithographie). La maison intelligente qui protège l&#8217;individu, anticipe ses besoins, digère ses déchets et gère ses énergies est un fantasme depuis longtemps partagé par les designers et les architectes. Cette maison est aujourd&#8217;hui accessible dans un futur plus ou moins proche, avec les progrès de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par <a href="http://www.larevuedudesign.com/les-auteurs/#Irène Berthezène">Irène Berthezène</a>.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11849" title="Psychoarchitecture - Berdaguer et Péjus 2009 - Résine stéréolithographie" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Psychoarchitecture-Berdaguer-et-Péjus-2009-Résine-stéréolithographie.jpg" alt="" width="444" height="333" /><br />
<em>Psychoarchitecture, Berdaguer et Péjus, 2009 &#8211; Résine (stéréolithographie).</em></p>
<p>La maison intelligente qui protège l&#8217;individu, anticipe ses besoins, digère ses déchets et gère ses énergies est un fantasme depuis longtemps partagé par les designers et les architectes. Cette maison est aujourd&#8217;hui accessible dans un futur plus ou moins proche, avec les progrès de la domotique notamment, mais elle reste dans l&#8217;imaginaire collectif un espace fictionnel, voire même &laquo;&nbsp;science-fictionnel&nbsp;&raquo;. A l&#8217;heure du web 2.0, comment expliquer un tel décalage entre fantasme et réalité?<span id="more-11846"></span></p>
<p>Il fut un temps où les technologies idoines existaient mais n&#8217;étaient pas compatibles entre elles parce que les différents acteurs du secteur ne parlaient pas le même langage. Des protocoles standardisés sont aujourd&#8217;hui au point, et ces technologies ont désormais l&#8217;interface idéale: tout le monde a un téléphone portable, parfois une tablette, et la plupart des logements contiennent des objets connectés comme l&#8217;ordinateur ou la télévision.</p>
<p>En prospective, la &laquo;&nbsp;<a href="http://www.youtube.com/watch?v=0bLyCE_aNm8&amp;feature=related" target="_blank">Microsoft Home</a>&nbsp;&raquo; par exemple pourrait être la maison de nos voisins; et des outsiders du marché comme la sympathique équipe de <a href="http://joshfire.com/" target="_blank">Joshfire</a> proposent déjà des solutions concrètes pour connecter les objets de la maison.</p>
<p>A l&#8217;échelle industrielle, les entreprises Legrand, Siemens, Hager ou Bosch entre autres proposent des solutions de programmation et de contrôle pour la sécurité, l&#8217;éclairage, la climatisation, les ouvrants. Pourtant ces systèmes sont encore majoritairement destinés au secteur tertiaire (hôtels, hôpitaux, bureaux). Outre le prix, un des principaux obstacles à la domotique &laquo;&nbsp;résidentielle&nbsp;&raquo; est l&#8217;imperméabilité des lots techniques d&#8217;un bâtiment. Il faut que le système domotique soit prévu à la conception et intégré à la construction, au moment du chantier, pour que les différentes fonctionnalités puissent dialoguer; il est difficile de rendre une architecture intelligente après coup si elle n&#8217;a pas été pensée ainsi.</p>
<p>On en revient ici aux historiques querelles de clocher entre designers et architectes. À l&#8217;inverse de Le Corbusier qui voyait la maison comme une &laquo;&nbsp;machine à habiter&nbsp;&raquo;¹, composée d&#8217;éléments standards pour des besoins standards, le designer italien Joe Colombo affirmait dans les années 60 que le designer doit se libérer des logiques de construction établies par les architectes pour imaginer, à partir de l&#8217;individu et de ses besoins, un habitat non standardisé. Il appliquait sa théorie baptisée &laquo;&nbsp;antidesign&nbsp;&raquo; à ses capsules d&#8217;habitation, constituées d&#8217;équipements autonomes pour cuisiner, se laver, dormir.</p>
<p>Si le monde de l&#8217;architecture (notamment Claude Parent²) a violemment réagi à l&#8217;époque et qualifié de &laquo;&nbsp;putsch&nbsp;&raquo; cette méthodologie constructive, il est intéressant de noter que certains architectes se réclament aujourd&#8217;hui de l&#8217;influence de l&#8217;antidesign dans leur travail.</p>
<p>Pour autant la maison intelligente n&#8217;existe toujours pas, parce qu&#8217;elle reste le théâtre des petites et grandes rivalités entre l&#8217;architecture, qui fournit une boite finie, et le design, qui la remplit. S&#8217;ils sont impuissants à agir en amont, les designers imaginent des stratégies de contournement ou de parasitage dans l&#8217;habitat.</p>
<p><a href="http://www.mathieulehanneur.fr/" target="_blank">Mathieu Lehanneur</a> travaille ainsi de manière récurrente sur des objets qui modifient notre environnement domestique (lumière, qualité de l&#8217;air, température&#8230;), depuis sa Carte Blanche du Via en 2006 (projet Éléments). Le sujet est devenu pour lui une sorte de spécialité qui a donné lieu à plusieurs collaborations, expérimentales ou industrielles. La dernière en date s&#8217;est faite avec <a href="http://www.schneider-electric.com/site/home/index.cfm/ww/fr/" target="_blank">Schneider Electric</a> qui annonce pour 2012 le lancement de la collection Wiser, dédiée à la gestion de la dépense énergétique dans l&#8217;habitat. L&#8217;interface web est conçue par <a href="http://attoma-design.com/" target="_blank">Attoma Design</a>, les objets sont dessinés par Mathieu Lehanneur, et s&#8217;ajoutent à l&#8217;existant: la W.Plug de la gamme est une prise intelligente qui mesure la consommation des équipements électriques. On est donc dans la commande et le contrôle, matérialisés par des objets symbiotiques, mais loin encore du fantasme de la maison qui gère, digère, génère.</p>
<p>N&#8217;y a-t-il pas, au-delà des contraintes techniques et des désaccords entre corps de métiers, une appréhension légitime mais peu formulée à voir la maison prendre le pouvoir sur nos besoins et nos désirs? Cette maison vivante ne serait-elle pas in fine un monstre, façonné par nos peurs et nos excès?</p>
<p>Les architectes marseillais <a href="http://www.cbmp.fr/" target="_blank">Berdaguer et Péjus</a>, menant la logique de la maison vivante à son paradigme, proposent des utopies négatives qui interrogent notre lien à l&#8217;espace habité: dans la série psycho architecture (2006-2010), les maisons réagissent physiquement aux humeurs et névroses de leurs habitants et se déforment de manière inquiétante; quant au jardin d&#8217;addiction (2011), ses entrelacs de tubes de verre forment un monstre tentaculaire qui offrent au visiteur ses parfums de substances responsables d&#8217;un état de dépendance chez l&#8217;homme (alcool, cocaïne, opium&#8230;)</p>
<p>Mais revenons à la maison intelligente qui fait rêver au moins les industriels et les designers. Les grandes entreprises d&#8217;électroménager comme celles d&#8217;installations électriques ont les moyens d&#8217;assumer une posture critique face à notre manière d&#8217;habiter et de consommer, et d&#8217;être force de proposition dans ce domaine.</p>
<p>Face à la standardisation des produits désormais massivement fabriqués dans les pays à bas coût de production, elles ont renforcé leur dispositif de recherche et d&#8217;innovation pour proposer d&#8217;autres services et rester leader sur le marché: Electrolux a son &laquo;&nbsp;Design Lab&nbsp;&raquo; depuis 2003, Whirlpool sa &laquo;&nbsp;Global Consumer Design team&nbsp;&raquo;. L&#8217;enjeu écologique est bien sûr au centre de la réflexion prospective de ces entreprises au bilan environnemental lourd (multiplication d&#8217;objets tous plus énergivores les uns que les autres, obsolescence programmée, recyclage rarement maîtrisé). Il est facile de conclure que ces groupes se rachètent une conscience verte avec leurs projets de recherche, toujours est-il qu&#8217;ils ont les moyens de financer des réflexions intéressantes.</p>
<p>Ainsi l&#8217;entreprise néerlandaise Philips vient de présenter sa maison du futur <a href="http://www.design.philips.com/about/design/designportfolio/design_futures/design_probes/projects/microbial_home/index.page" target="_blank"><em>Microbial Home</em></a> à la <a href="http://www.ddw.nl/" target="_blank">Dutch Design Week</a> qui se tenait à Eindhoven du 22 au 30 octobre 2011. Cet écosystème domestique est constitué de plusieurs équipements reliés entre eux et dépendants les uns des autres en matière d&#8217;énergie: les déchets organiques sont transformés en méthane pour éclairer et cuisiner, les déchets plastiques partent dans un compost qui les transforme en champignons, les eaux sont filtrées et réutilisées, tandis que les abeilles produisent allègrement un miel local. La maison devient un microcosme autonome qui, au mieux, produit son énergie, au pire, ne pollue pas.</p>
<p>Ces idées ne sont pas nouvelles mais elles sont ici intelligemment énoncées et formalisées, à mille lieues des habituels carrossages plastiques en matière d&#8217;électroménager, surtout lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de prospective. L&#8217;esthétique postindustrielle séduisante de la Microbial Home, avec sa tuyauterie très dix-neuvième évoquant l&#8217;univers du laboratoire ou de la mine, avec ses lanternes rouges et ses manivelles, provoque un court-circuit temporel, et un sentiment d&#8217;&nbsp;&raquo;inquiétante étrangeté&nbsp;&raquo;³ nous envahit, comme la réminiscence d&#8217;une époque sombre et dangereuse, mais, heureusement révolue.</p>
<p>&#8211;</p>
<p>1. Le Corbusier, <em>Urbanisme</em>, Paris, Crès, 1925, p. 219.</p>
<p>2. &laquo;&nbsp;Face à face: architecture et design&nbsp;&raquo; article de Claude Parent publié en 1971 dans la revue <em>L’Architecture d&#8217;aujourd&#8217;hui</em>.</p>
<p>3. &laquo;&nbsp;L&#8217;inquiétante étrangeté&nbsp;&raquo; est un concept du psychiatre Ernst Jentsch, repris par Freud en 1919 dans un texte qui explore une notion très particulière exprimée par un mot allemand intraduisible, un phénomène que nous rencontrons tant dans la vie réelle que dans les œuvres d&#8217;art, et qui peut s&#8217;incarner dans des coïncidences étranges, dans les pressentiments, dans la rencontre avec notre double, ou dans des angoisses liées à certaines ambiguïtés de la réalité.</p>
<p>&#8211;</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11850" title="Collection Wiser - Schneider Electric - Design Matthieu Lehanneur et interface web Attoma design 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Collection-Wiser-Schneider-Electric-Design-Matthieu-Lehanneur-et-interface-web-Attoma-design-2011.jpg" alt="" width="444" height="221" /><br />
<em>Collection Wiser, Schneider Electric, design Matthieu Lehanneur et interface web Attoma design, 2011.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11851" title="Jardin d'addiction - Berdaguer et Péjus - 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Jardin-daddiction-Berdaguer-et-Péjus-2011.jpg" alt="" width="444" height="300" /><br />
<em>Jardin d&#8217;addiction, Berdaguer et Péjus, 2011<em>.</em></em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11852" title="Jardin d'addiction - Berdaguer et Péjus 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Jardin-daddiction-Berdaguer-et-Péjus-20111.jpg" alt="" width="444" height="300" /><br />
<em>Jardin d&#8217;addiction, Berdaguer et Péjus 2011<em>.</em></em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11859" title="Microbial Home - Philips 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Microbial-Home-Philips-2011.jpg" alt="" width="444" height="300" /><br />
<em>Microbial Home, Philips 2011<em>.</em></em></p>
<p><img title="Microbial Home - Garde-manger - Philips 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Microbial-Home-Garde-manger-Philips-2011.jpg" alt="" width="300" height="444" /><br />
<em>Microbial Home, garde-manger, Philips 2011<em>.</em></em></p>
<p><img title="Microbial Home - îlot de digestion écologique - Philips 2011'" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Microbial-Home-îlot-de-digestion-écologique-Philips-2011.jpg" alt="" width="300" height="444" /><br />
<em>Microbial Home, îlot de digestion écologique, Philips 2011<em>.</em></em></p>
<p><img title="Microbial Home - îlot de digestion écologique - Philips 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Microbial-Home-îlot-de-digestion-écologique-Philips-20111.jpg" alt="" width="444" height="296" /><br />
<em>Microbial Home, îlot de digestion écologique, Philips 2011<em>.</em></em></p>
<p><img title="Microbial Home Paternoster Philips 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Microbial-Home-Paternoster-Philips-2011.jpg" alt="" width="300" height="444" /><br />
<em>Microbial Home, Paternoster, Philips 2011<em>.</em></em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11857" title="Microbial Home - bio-light - Philips 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Microbial-Home-bio-light-Philips-2011.jpg" alt="" width="300" height="444" /><br />
<em>Microbial Home, bio-light, Philips 2011<em>.</em></em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11858" title="Microbial Home - ruche urbaine - Philips 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/12/Microbial-Home-ruche-urbaine-Philips-2011.jpg" alt="" width="300" height="444" /><br />
<em>Microbial Home, ruche urbaine, Philips 2011<em>.</em></em></p>
<p><em>Cet article est également paru sur le blog d&#8217;Irène Berthezène: <a href="http://projectitude.com/2011/11/domotique-vs-microbial-home-ou-la.html">projectitude.com</a>.</em></p>
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		<title>Pour vivre heureux, restons couchés</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 02:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Revue du Design</dc:creator>
				<category><![CDATA[ACTUS]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Irène Berthezène. Yoko Ono et John Lennon, Bed-in, Amsterdam, 1969. En psychanalyse, être couché incite à s’abandonner, à lâcher prise en évitant le regard du praticien pour parler sans craindre son jugement. On n’est pas loin de l’état fœtal, en aucun cas dans une position de force. Les Romains pensaient pourtant que la position couchée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Par <a href="http://www.larevuedudesign.com/les-auteurs/#Irène Berthezène">Irène Berthezène</a>.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11679" title="Pour vivre heureux restons couchés 01 bed_in" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-01-bed_in.jpg" alt="" width="444" height="294" /><br />
<em> Yoko Ono et John Lennon, Bed-in, Amsterdam, 1969.</em></p>
<p>En psychanalyse, être couché incite à s’abandonner, à lâcher prise en évitant le regard du praticien pour parler sans craindre son jugement. On n’est pas loin de l’état fœtal, en aucun cas dans une position de force. Les Romains pensaient pourtant que la position couchée était un signe de domination et de puissance. Les esclaves devaient servir debout, pendant que les maîtres recevaient, écrivaient, mangeaient et buvaient couchés. La génération des architectes et designers des années 60-70 ont peut-être envié cette superbe nonchalance.<span id="more-11676"></span></p>
<p>Dans ces années là, la libération des mœurs s’accompagne de celle des corps, et entraîne une refonte du mobilier traditionnel dans l’habitat. Il n&#8217;y a plus d’espace dédié, de position dédiée; le sol se fait canapé qui se fait lit, les cloisons sont abattues et les volumes sont cassés, empilés, éparpillés.</p>
<p>L’architecte Claude Parent en a fait une théorie architecturale, la fonction oblique¹, dans laquelle il abolit le règne du rapport horizontal/vertical pour libérer le plan, harmoniser la perspective et ne pas interrompre le regard, et surtout initier un nouveau rapport du corps à l’espace. Mais ce nouveau besoin d’horizontalité permet surtout aux designers de s’affranchir de l’échelle de l’objet et de s’aventurer, se « répandre » presque dans celle de l’habitat.</p>
<p>Dès les années 50, la designer danoise Nanna Ditzel coupe les pieds des chaises et des fauteuils et imagine des paysages flexibles et confortables au sein duquel les corps peuvent se mouvoir, s’asseoir, s’allonger dans une mobilité sans cesse renouvelée. Elle donne ainsi la liberté à chacun de dessiner son propre paysage dans son intérieur, en empilant les formes en mousse selon ses besoins.</p>
<p>Quelques années plus tard, le designer italien Joe Colombo propose de nouvelles manières de vivre allongé au sein de ses cellules d’habitation autonomes (voir Visiona 1, présentée à la foire du Meuble de Cologne en 1969); et en 1970 Verner Panton imagine pour le paquebot Loreley, showroom de la société Bayer, un paysage psychédélique, sorte de ventre chaleureux ou des formes organiques en mousse accueillent les corps dans les positions les plus décomplexées. (voir Visiona 2).</p>
<p>Durant la même période, John Lennon et Yöko Ono inventent les « Bed-ins for Peace » pour protester contre la guerre au Vietnam et font sensation en accueillant les journalistes au lit. Le temps où l’on recevait assis dignement dans son salon est définitivement révolu.</p>
<p>Si depuis ces belles années nos ainés se sont relevés, perclus de maux de dos et de genoux, pour se remettre à hauteur convenable dans un classique canapé, ils ont aboli symboliquement les frontières entre design et architecture, permettant aux créateurs d’aujourd’hui de passer du mobilier à l’espace (et retour) sans distinction de discipline, et de la position assis/debout à couché sans autre forme de protocole.</p>
<p>Plus qu&#8217;une mode &laquo;&nbsp;lounge&nbsp;&raquo; qui a quelque peu modifié les décors des restaurants et des cafés, c&#8217;est un champ d&#8217;expérimentation autour du corps qui donne lieu à des projets souvent hybrides, parfois proches de la performance.</p>
<p><a href="http://www.doleac.net/" target="_blank">Florence Doléac</a> a exploré plusieurs fois ces basculements du corps dans des projets comme <em>Vague à l’âme</em> ou <em>Patapouf</em>. <a href="http://www.binabaitel.com/" target="_blank">Bina Baitel</a>, architecte et designer d&#8217;origine israélienne et suédoise, distille un peu de savoir-vivre oriental dans nos salons avec un mobilier hybride qui délimite des espaces de repos à terre, comme la lampe/tapis <em>Snug</em> ou le meuble d’appoint/tapis <em>Tarah</em>.</p>
<p>Hors de l’espace privé, <a href="http://www.lesm-designstudio.com/" target="_blank">les M</a> proposent aux enfants un espace de jeux au Centre Pompidou-Metz, <em>Pillow</em>, sorte de champ de bataille de polochons géant qui occupe toute la pièce. Si la position allongée est déjà un abandon en soi, que dire du plaisir de se rouler par terre et de se jeter dans une mer textile la tête la première, élans corporels hélas plus incongrus à l’âge adulte.</p>
<p>Enfin les <a href="http://www.bouroullec.com/" target="_blank">Bouroullec</a> ont investi, eux, l’espace muséal, en proposant une nouvelle manière de contempler l’œuvre d’art. Au Victoria and Albert Museum à Londres, jusqu’au 30 octobre dernier, leur installation <em>Textile Field</em> inaugurée à l&#8217;occasion du London Design Festival incitait le visiteur à s’asseoir ou à s’allonger pour admirer les peintures de Raphaël. Point de visite au pas de course, d’attitude figée, de postures contraintes. Le corps délassé, offert presque, pouvait se laisser apprivoiser par la monumentalité du lieu, s&#8217;autoriser à l’habiter pour permettre à l’esprit de transcender l’œuvre d’art. Comme quoi, on n’est pas toujours obligés d’être au garde-à-vous face à plus puissant que soi.</p>
<p>1. Claude Parent, Vivre à l&#8217;oblique, L’Aventure humaine, 1970.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11680" title="Pour vivre heureux restons couchés 02 Maison de Claude Parent 20100208_173607_neuilly" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-02-Maison-de-Claude-Parent-20100208_173607_neuilly.jpg" alt="" width="444" height="305" /><br />
<em> Maison de Claude Parent (Neuilly 1973-1974). Dessin de Claude Parent représentant le dispositif de la salle des repas avec table à deux niveaux, n.d. © Archives Claude Parent.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11681" title="Pour vivre heureux restons couchés 03 Nanna Ditzel" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-03-Nanna-Ditzel.jpg" alt="" width="444" height="300" /><br />
<em> Nanna Ditzel, Winkel og Magnussen, 1952. Photographie: Erik Brahl.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11682" title="Pour vivre heureux restons couchés 04 Joe Colombo Visiona 1 Cologne 1969" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-04-Joe-Colombo-Visiona-1-Cologne-1969.jpg" alt="" width="444" height="634" /><br />
<em> Joe Colombo, Visiona 1, Cologne, 1969.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11683" title="Pour vivre heureux restons couchés 05 Verner Panton Visiona 2 1970" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-05-Verner-Panton-Visiona-2-1970.jpg" alt="" width="444" height="357" /><br />
<em> Verner Panton, Visiona 2, 1970, Cologne © Panton Design, Basel.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11684" title="Pour vivre heureux restons couchés 06 Bina Baitel Snug Nextlevel Galerie" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-06-Bina-Baitel-Snug-Nextlevel-Galerie.jpg" alt="" width="444" height="261" /><br />
<em> Bina Baitel, Snug, Nextlevel Galerie. Photographie: Florian Kleinefenn.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11685" title="Pour vivre heureux restons couchés 07 Baitel_Snug detail" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-07-Baitel_Snug-detail.jpg" alt="" width="444" height="592" /><br />
<em> Bina Baitel, Snug, Nextlevel Galerie. Photographie: Florian Kleinefenn.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11686" title="Pour vivre heureux restons couchés 08 Bina Baitel Tarah Nextlevel Galerie" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-08-Bina-Baitel-Tarah-Nextlevel-Galerie.jpg" alt="" width="444" height="296" /><br />
<em> Bina Baitel, Tarah, Nextlevel Galerie. Photographie: Courtesy NextLevel Galerie.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11687" title="Pour vivre heureux restons couchés 09 Bina Baitel Tarah Nextlevel Galerie" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-09-Bina-Baitel-Tarah-Nextlevel-Galerie.jpg" alt="" width="444" height="296" /><br />
<em> Bina Baitel, Tarah, Nextlevel Galerie. Photographie: Courtesy NextLevel Galerie.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11688" title="Pour vivre heureux restons couchés 10 Les M  Pillow Centre Pompidou-Metz 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-10-Les-M-Pillow-Centre-Pompidou-Metz-2011.jpg" alt="" width="444" height="289" /><br />
<em> Les M, Pillow, Centre Pompidou-Metz, 2011. Photographie: Valérie Tholl.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11689" title="Pour vivre heureux restons couchés 11 Les M  Pillow Centre Pompidou-Metz 2011" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-11-Les-M-Pillow-Centre-Pompidou-Metz-2011.jpg" alt="" width="444" height="297" /><br />
<em> Les M, Pillow, Centre Pompidou-Metz, 2011. Photographie: Valérie Tholl.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11690" title="Pour vivre heureux restons couchés 13 Florence Doléac Vague à l'âme Edition Parsua" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-13-Florence-Doléac-Vague-à-lâme-Edition-Parsua.jpg" alt="" width="444" height="355" /><br />
<em> Florence Doléac, Vague à l&#8217;âme, Edition Parsua, 2004.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11691" title="Pour vivre heureux restons couchés 14 Florence Doléac Patapouf Edition Fermob" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-14-Florence-Doléac-Patapouf-Edition-Fermob.jpg" alt="" width="444" height="326" /><br />
<em> Florence Doléac, Patapouf, Édition Fermob de 2005 à 2008.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11694" title="Pour vivre heureux restons couchés 15 Studio Bouroullec Textile Field Victoria and Albert Museum" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-15-Studio-Bouroullec-Textile-Field-Victoria-and-Albert-Museum1.jpg" alt="" width="444" height="666" /><br />
<em> Studio Bouroullec, Textile Field, Victoria and Albert Museum, avec la collaboration de Kvadrat, 2011. © Studio Bouroullec &amp; V&amp;A Images, Victoria and Albert Museum.</em></p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-11695" title="Pour vivre heureux restons couchés 16 Studio Bouroullec Textile Field Victoria and Albert Museum" src="http://www.larevuedudesign.com/wp-content/uploads/2011/11/Pour-vivre-heureux-restons-couchés-16-Studio-Bouroullec-Textile-Field-Victoria-and-Albert-Museum.jpg" alt="" width="444" height="501" /><br />
<em> Studio Bouroullec, Textile Field, Victoria and Albert Museum, avec la collaboration de Kvadrat, 2011. ©Studio Bouroullec &amp; V&amp;A Images, Victoria and Albert Museum.</em></p>
<p><em>Cet article est également paru sur le blog d&#8217;Irène Berthezène: <a href="http://projectitude.com/2011/10/pour-vivre-heureux-restons-couches.html" target="_blank">projectitude.com</a>.</em></p>
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