• Interview: Eric Berthes

    Nous interviewons aujourd’hui Eric Berthes, designer diplômé de l’Ecole Boulle et de Strate College, et intervenant dans les domaines du design industriel, du luxe et du mobilier.

    Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre formation et votre parcours professionnel?
    Je suis diplômé de l’école Boulle, où j’ai passé 5 années dans la section art de l’habitat. J’ai ensuite poursuivi par un diplôme en design produit, obtenu à Strate College (3 années).
    En 1998, à ma sortie des études, je me suis lancé directement en Freelance comme designer produit. Je commence alors à travailler en France, notamment pour des marques d’électroménager asiatiques qui souhaitent importer leurs produits en Europe. Apres 4 années de travail exclusivement en design produit, je commence à me rapprocher de marques françaises, notamment dans l’industrie du luxe, pour exprimer un travail créatif plus libre.

    Sur quel(s) sujet(s) travaillez-vous en ce moment?
    Je travaille sur de nombreux projets. Cela va de d’objet en art de la table à du mobilier pour des éditeurs en passant par des lieux de vie. En ce moment, je travaille notamment sur un concept de fromagerie haut de gamme et contemporaine.

    Combien de personnes compte votre agence?
    Nous sommes 4 personnes à plein temps: 3 designers et un prototypiste, car j’ai un atelier en interne. C’est beaucoup de travail et d’implication, car nous sommes une relativement petite équipe. Mais je ne souhaite employer davantage de personnes, car je pense souvent que cela serait au détriment de la créativité et du choix des projets.

    Quelle est votre méthode de travail habituelle?
    Etablir un bon brief avec le client.
    Ecouter mon client avec beaucoup d’attention
    Et par la suite de la créativité, des idées et des projets intelligents à fabriquer.

    Fréquentez-vous les blogs et sites Internet consacrés au design, et si oui lesquels?
    Oui beaucoup car j’aime la fraicheur des blogs, la rapidité des parutions, la simplicité de lecture. Et surtout je trouve que les projets design sur les blogs sont plus créatifs avec moins de lourdeur éditoriale. Le votre, j’adore et ensuite Trendsnow.

    Y a-t-il un ou plusieurs designers, ou créateurs, qui vous inspirent au quotidien?
    Je porte plus d’importance quand je feuillette un livre à l’objet qu’a son créateur. Mais j’aime que le produit soit signé d’un créateur.

    S’il y avait une chose à changer dans le design?
    Les mauvais designers qui nuisent au développement de ce métier… Et les copieurs qui pillent les bénéfices de la créativité!

    Quelle est la commande que vous aimeriez vous voire confier?
    Un hôtel ou un bar contemporain.

    De votre point de vue, le métier de designer est-il enviable aujourd’hui?
    Oui si vous réussissez, mais ce n’est pas gagné au départ!!!

    Pour finir, un livre, un site Internet, un film, une découverte récente… que vous auriez envie de partager avec nous?
    J’attends avec impatience le salon du meuble de Milan que je trouve très dynamique.

    Quelques projets d’Eric Berthes:


    Collection Emma (gamme composée de cinq meubles: un canapé, une chauffeuse, un fauteuil, un pouf et un tapis).


    Siclair (2003, édition Studio Planet Design). Chaise longue en Corian.


    Vasque à magnum en étain, pour le champagne Dom Ruinart (2001).


    Création d’un bar Chivas pour le festival de Cannes (2007).


    Seau en étain pour l’Orfèvrerie d’Anjou (direction artistique, 2003).


    Création et développement d’une gramme de disques durs externes 5 pouces ½, pour Packard Bell (2006).


    Création et développement d’une gramme d’accessoires en téléphonie mobile (2005).


    Création d’une gramme de sèches cheveux (2002).


    Couteau de table avec une lame de Laguiole (pour l’Orfèvrerie d’Anjou).


    Set de dégustation de champagne glamour (pour l’Orfèvrerie d’Anjou).


    Vue de l’agence.

    Projets et photos © Eric Berthes.

    Pour en savoir plus sur le travail d’Eric Berthes, vous pouvez visiter le site de son agence: www.planetdesign.fr.

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    32 commentaires

    1. Danidan dit:

      Ce personnage est la preuve que de mauvais designers peuvent encore percer…
      Aucun intérêt, du discours vide aux création bling bling!
      L’anecdote comme crédo.
      Dommage

    2. La Revue du Design dit:

      Bonjour Danidan,
      Voici un jugement un peu rapide et tranché, non?
      Tout d’abord, dans un test « à l’aveugle », comme on le fait parfois pour les dégustations de vin, je ne suis pas certain que des amateurs, même éclairés, parviendraient à distinguer les créations d’Eric Berthès de celles d’autres designers plus « reconnus » et qui vous semblent peut-être plus dignes d’intérêt.
      Par ailleurs, il me semble important, au sein de La Revue du Design, de montrer une diversité réelle de profils de designers et de types d’approches. Celle d’Eric Berthès en fait partie, et je dois vous avouer que je suis heureux qu’il ait répondu à notre interview…
      AC

    3. Berthes Eric dit:

      Mr Danidan
      Votre commentaire m’a fait sourire !! Je le respecte mais il me semble trop extremiste pour être crédible.
      J’ai tjs pensé qu’il y avait meilleur que moi en design mais la!!!
      Je me ferais un plaisir de vous rencontrer pour échanger sur mon travail et le votre.
      Cela m’aidera a évoluer.

      Cdt

      Eric Berthes

    4. Frédéric Maillard dit:

      Danidan, c’est quoi un mauvais designer . Je serai très intéressé par le fait que tu développes et argumentes ton propos et que par réciproque tu puisses nous éclairer sur ce qu’est, de ton point de vue, un bon designer.

      De la même façon il y a des bons et des mauvais chasseurs!

    5. Bob le Homard dit:

      Ben, moi, j’aime bien ce que fait Eric Berthés surtout pour l’orfévrerie D’anjou, a part la collection EMMA. Je serais aussi intéresser de connaitre la définition d’un mauvais Designer, si elle correspond à la mienne. ^^

      PS : J’étais Designer pour Isabelle

    6. Bob le Homard dit:

      J’adore la photo, ça fais trés Designer Intramuros mag

    7. maupado dit:

      Demandez à Roger Tallon, il vous dira ce qu’est un mauvais designer.

    8. La Revue du Design dit:

      Bonjour Maupado,
      Ton commentaire peut être compris dans deux sens différents…
      Roger Tallon est-il selon toi un mauvais designer, ou est-il capable de les reconnaître?
      :)

    9. La Revue du Design dit:

      @ Bob: c’est vrai… je n’avais pas réalisé sur le coup!
      Mais la photo est quand même plutôt réussie, non?

    10. maupado dit:

      Roger Tallon un mauvais designer? faudrait être gonflé pour émettre une telle énormité!
      Mais quelle teigne!

    11. Danidan dit:

      Bonjour à tous
      Quelle levée de Bouclier :-) !!!

      A mes yeux, un bon designer est un designer qui laisse une trace, qui dessine des objets et invente des formes qui résistent au temps, impacte une époque, transforme et facilite des usages.

      Quand je regarde les projet présentés à la suite de l’interview et que je me demande: que restera-t-il ? Un seul mot me vient à l’esprit… (c’est en cela qu’il y a peu de bon designers à mes yeux)

      PS_Là, on dirait du sous-ïto (sous réserve que l’on trouve qu’ïto soit bon… un autre débat?)

    12. La Revue du Design dit:

      Bonjour Danidan,

      Un bon designer, c’est probablement tout ce que vous évoquez. Mais ne serait-ce pas également :
      - un designer qui répond aux besoins et aux envies de ses clients?
      - un designer qui répond aux besoins et aux envies des futurs utilisateurs de ses créations?
      - un designer capable d’articuler le travail de différents acteurs ou services?
      - un designer qui prend en compte le contexte économique, écologique, culturel… de son époque?

      En effet, je crains qu’en ne considérant l’activité des designers que dans leur aptitude à « laisser une trace » ou à créer des formes qui « résistent au temps », on ne se prive d’une partie de la compréhension de ce qui fonde leur pratique au quotidien. Le risque est, également, de ne s’intéresser qu’à un nombre réduit de designers…

      C’est du moins ma perception de cette question…

      AC

    13. Frédéric Maillard dit:

      Bonjour Danidan,

      tout d’abord merci d’avoir répondu et apporté des précisions sur ce qui motivait votre premier commentaire, qui avait le mérite d’être spontané mais qui effectivement était peut être un peu condensé et a engendré une levée de boucliers.

      J’ai l’impression de mieux vous rencontrer, en connaissant plus finement ce qui de votre point de vue, est « un bon designer ». D’autre part vous offrez l’occasion à la revue du design de faire part de son analyse, de questionner pour débattre de manière constructive, développer de nouveaux arguments (que je partage au passage) et d’enrichir collectivement la discussion au lieu d’alimenter la polémique ou les vives réactions qu’ont pu engendrer vos premiers propos.

      Après je respecte le fait qu’on aime ou qu’on aime pas le travail d’un designer, histoire de goût.

      Voilà peut-être qui va permettre d’apporter des éléments de réflexions à Eric Berthes pour évoluer sur son travail.

      Et peut être qu’il restera de cet échange un sentiment d’avoir partagé une belle discussion?

    14. Danidan dit:

      Perception qui est loin d’être dénué de sens.
      Néanmoins, pour reprendre vos arguments, et considérant que nous évoluons dans un monde aux ressources limitée en surproduction:

      - un designer qui répond aux besoins et aux envies de ses clients?
      OUI MAIS as ton besoin d’un n-ième seau à champagne?

      - un designer qui répond aux besoins et aux envies des futurs utilisateurs de ses créations?
      OUI MAIS si l’envie crée aujourd’hui le besoin et réciproquement, ne faudrait il pas se recentrer sur des valeurs essentielles & universelle plutôt que de courir derrière un n-ième contrat juteux et rechercher le Buzz coute que coute?

      - un designer capable d’articuler le travail de différents acteurs ou services?
      OUI sans réserve

      - un designer qui prend en compte le contexte économique, écologique, culturel… de son époque?
      OUI MAIS Trop Peu le font aujourd’hui à mes yeux et un n-ième (ce sera Le mot de ce post) objet de promotion anecdotique, sans raison d’être sur le fond est à mes yeux très loin de tenir compte du contexte économique, écologique, culturel évoqué

      Sur le cas présent, je ne suis pas sur qu’une chaise en Corian®, une vasque à magnum, un saut à champagne, un bar de plage éphémère, un set de dégustation autoproclamé glamour… soient de bon exemple de Bon design.

    15. La Revue du Design dit:

      Re-bonjour Danidan,
      Le constat et la critique que vous réalisez, que je partage en partie, me semblent davantage à adresser aux commanditaires plutôt qu’au personnes qui répondent à leurs commandes, non?
      A-t-on besoin d’un nouveau seau à Champagne? En tant qu’utilisateur, certainement pas. Par contre, en tant qu’industriel qui cherche à dynamiser ses ventes ou à conquérir de nouveaux marchés, la question se pose différemment.
      AC

    16. Danidan dit:

      Les designers seraient ils alors esclaves de leur clients?

      Un designer doit il refuser un projet s’il est en désaccord avec son client?
      OU est ce que l’argent est roi encore une foi et le design/designer corruptible?
      Ou est ce leur rôle d’orienter ledit client vers un projet Bon?

      Le libre arbitre et la déontologie du Designer définit également sa qualité…
      Il me semble qu’un bon projet ne conduit pas toujours à un bon produit, encore moins. un mauvais projet

    17. Frédéric Maillard dit:

      Danidan,

      Si je comprends bien, vous posez la question de la responsabilité éthique des designers qui en faisant le choix de travailler sur des produits de consommation (courante – encore que le seau à champagne!? ou peut être superflutes!) cautionnent et alimentent notre système de surconsommation et finalement alimentent un système au détriment d’un développement durable.

      Finalement pour être bon, un designer devrait, selon vous, s’engager dans une démarche moderne en accord avec les grands enjeux environnementaux, culturels et économiques à venir. Il devrait être plus pionnier ou éclaireur, et moins suiveur d’un système de consommation qui a montré ses limites en repensant à faire différemment toujours plus des mêmes produits?

      Vous poser bien la question sur la mission du designer qui peut être différente de son rôle (répondre à une commande), interesting!

    18. Stef dit:

      Et c’est là que, paraissant infranchissable car chaque jour grandissant, se dresse devant nous ce mur, érigé à la gloire de la consommation.

      Faut il blâmer ceux qui l’escaladent et qui profitent de leur « manque de scrupules » pour atteindre réussite et gloire tout en se faisant plaisir et en ravissant la masse ?

      Faut il mépriser ceux qui restent en bas et regardent, avec frustration, les fruits du pêché, tout en se disant que non, ils ne peuvent pas prendre cette voie « facile » ?

      Tandis que les uns inondent de leur créativité, les autres colmatent tant qu’il peuvent pour ne pas que la leur déborde, et accentue les dégâts déjà considérables.

      Mais l’ honnêteté intellectuelle ne paye pas … et nous ne sommes que des hommes après tout !

    19. La Revue du Design dit:

      @ Danidan:

      En faisant mon dernier commentaire, je n’entrais en fait pas dans de tels débats idéologiques… A mon sens, c’est aux designers, tout simplement, de savoir s’ils ont envie d’accepter tel ou tel projet.

      Ma remarque était simplement en réaction à la vôtre, et cherchait à pointer le fait que le designer, dans la plupart de ses activités, est inextricablement lié à d’autres acteurs.

      En effet le design, dans la plupart de ses manifestations, est lié à l’industrie et à la commercialisation de produits. On peut le regretter, on peut admirer – à raison certainement – les démarches qui s’en écartent ou tentent de proposer des alternatives, mais on ne peut certainement pas le nier… sauf à avoir à mon sens une vision partielle et tronquée de la discipline.

      Par ailleurs, j’avoue avoir la plus grande méfiance de ce qui se dit « bon »: un « bon » designer, un « bon projet »… Honnêtement, je ne sais pas ce que cela veut dire. Et je me rappelle un ami architecte disant, devant ses étudiants, que l’architecte n’était ni un guérisseur ni un shaman. Je pense que l’on peut dire la même chose du designer. Et qu’en dehors du sérail du design, peu de personnes jugent un designer ou un projet de design dans sa capacité à être « bon ».

      Enfin, pour répondre à Stef (qui nous permet d’élargir ce débat), je pense qu’il ne faut blâmer ni mépriser aucun acteur. C’est d’ailleurs ce que nous essayons de faire, humblement, sur ce site, en présentant à nos lecteurs une diversité la plus large possible (même s’il est évident que nous pouvons mieux faire, mais nous y travaillons, promis) de pratiques…

      AC

    20. Emmanuel dit:

      Je ne suis pas trop luxe non plus, mais quelques projets intéressants tout de même (quand je vois un objet je me demande toujours quel a pu être le cheminement de l’idée qui est derrière), ce qui ne me fait pas douter des qualités ou compétences de Eric Berthes.

      Par contre, concernant le petit débat sur l’éthique du design (a quoi servent nos compétences), on ne lira jamais assez les ouvrages de Victor Papanek.

      « There are professions more harmful than industrial design, but only a very few of them. And possibly only one profession is phonier. Advertising design, in persuading people to buy things they don’t need, with money they don’t have, in order to impress others who don’t care, is probably the phoniest field in existence today. Industrial design, by concocting the tawdry idiocies hawked by advertisers, comes a close second »… « In this age of mass production when everything must be planned and designed, design has become the most powerful tool with which man shapes his tools and environments (and by extension, society and himself. This demands high social and moral responsibility from the designer… »

      (extraits de la préface de la première édition de « design for the real world, human ecology and social change », de 1971 tout de même)

      Heureusement on est de plus en plus à partager et pratiquer cette vision du design :)
      Et pendant que j’y pense, Papanek avait conscience qu’il n’est pas toujours évident de concilier éthique et pratique, suggérant du coup de consacrer ne serait-ce qu’une fraction de son temps pour travailler à des projets plus utiles, ça compte toujours…en essayant peu à peu d’augmenter cette part.

    21. La Revue du Design dit:

      Merci Emmanuel pour ces citations très à-propos… :)

    22. Romain dit:

      Je suis jeune étudiant en art appliqués, je vais commencer mes études de design l’année prochaine et je tenais à vous remercier pour ce débat qui se révèle superinstructif pour le novice du design que je suis. Il pose les nombreux enjeux que vie le design actuellement et la pluralité des points de vues, dont celle du designer lui même, chose peu courantes, apporte une vrai richesse à ce débat. Il en deviendrait même plus captivant que l’article qui en est l’origine !
      Merci

    23. Alain dit:

      Un bon designer serait celui qui laisse une trace dans l’histoire? Amusant. Et qui seraient les juges? Ceux qui écrivent « histoire »? Ou ceux qui décident qui doit rester dans l’histoire?
      Est-ce qu’il n’y aurait pas plus de mauvais juges que de bon designers?
      Bons? Mauvais designers? Cela me semble totalement déplacé. Nous avons assez de juges déjà!

      Mais peut-être nous pourrions parler du style d’un designer.

      Eric Berhes a le style de ses écoles. D’un côté il vient de Boulle qui forme de bons techniciens. Et de Strate collège qui forme, avant tout, des dessinateurs avec une technique de dessin homogène.
      Eric Berthes n’est ni bon, ni mauvais. C’est un designer qui fait ce pourquoi il a été formé et ce que lui demandent ses clients.

    24. waldezign dit:

      Alain, très bien vu!

      Bon ou mauvais designer? quelle question saugrenue (tiens, j’en profite pour remettre cet idiome au goût du jour, en passant)!
      Le design est-il utile? la vie est-elle utile? quel est le sens de la vie? (se reporter au Monthy Pythons)
      Pas de doute, chez certains, les mouches doivent avoir du mal à s’asseoir! (mais y a-t-il de bonnes et de mauvaises mouches?)

      En tout cas, j’ai trouvé l’ITW très… chouette! (quoique la photo…)

    25. Jesse dit:

      Super d’accord avec Danidan!

    26. Danidan dit:

      Le Texte d’Enzo Mari et G.Pezzini me parait alors propos

      http://www.larevuedudesign.com/2010/01/08/che-fare-enzo-mari-gabriele-pezzini/

      Libre aux designers de s’y tenir.

      Curieusement, je ne trouve pas de seau à champagne signé Enzo Mari…

    27. waldezign dit:

      C’est bien de se poser des questions sur le design, mais j’ai bien peur qu’en creusant un peu, on en arrive à la conclusion que le design et le designer sont obligatoirement liés à l’industrialisme (la production de masse), et par extension au capitalisme (qui le finance). On peut très bien critiquer ces concepts, mais sans eux pas de design.

      Manque de bol pour le designer, celui-ci est souvent tiraillé entre des considérations humanistes (intrinsèques et sincères) et cette allégeance de fait à ce système qu’il réprouve mais qui est inérant avec sa vocation… pas facile! Reste alors à prendre du recul, et peut-être à se rappeller de temps en temps que nous ne sommes rien dans l’histoire passée et à venir de l’humanité, et que l’humanité n’est rien dans l’histoire passée et à venir de l’univers…

      Merci de prendre tout ça avec un peu de légèreté, nous ne faisons pas un métier sérieux, ce qui ne doit pas nous empêcher de le faire sérieusement :)

    28. Emmanuel dit:

      @waldezign
      Justement creusons un peu… En quoi la conception serait une activité inhérente au capitalisme ou à l’industrie ?

      Je comprend que le contexte actuel puisse vous faire penser cela (l’activité de certaines personnes dans quelques pays dépend de ce système), mais le caractère industrialisable d’un objet n’est qu’un critère parmi d’autres.
      Et si justement on prend du recul le design n’est en rien associé à un système particulier (à la limite on pourrait juste affirmer qu’il serait absent d’un système dans lequel on empêcherait les gens de penser).
      Comme disent Herb Simon (« Everyone designs »), John Thackara (« Designing is what human beings do »), Victor Papanek (ci-dessous, après j’arrête) et tant d’autres dont je partage l’avis…

      «Again: design is basic to all human activities. The planning and patterning of any act toward a desired, foreseeable end constitute the design process. Any attempt to separate design, to make it a thing-by-itself, works counter to the inherent value of design as the primary, underlying matrix of life. »
      (design for the real world, p.322)

      Que nous soyons insignifiant à une grande échelle soit (ça fait jamais de mal de relativiser notre ego), mais dire que nous ne somme rien est le meilleur argument pour ne rien changer.

    29. Stef dit:

      En effet, c’est le contexte actuel qui nous fait penser cela … et à juste titre : c’est la qu’est une des dérives du design.

      Rappelons nous avant l’industrialisation, et le capitalisme : il n’y avait QUE ce que l’on appelle l’artisanat , « le travail manuel sans aide automatisée ».

      Ces artisans travaillaient pour les « masses » également, (l’échelle étant toutefois plus petite), concevaient leurs outils de production (il y avait tout de même « automatisation » des tâches ) et répondaient techniquement et formellement à des besoins (à la base bien souvent les mêmes qu’aujourd’hui ).

      Puis l’industrie a supplanté l’artisanat dans bien des domaines …. mais elle s’est nourrie de ces derniers, qui étaient bels et biens des concepteurs, et qui le sont toujours aujourd’hui !

      D’ailleurs, le designer « signature » auteur de pièces uniques n’est il pas plus un artisan ?

    30. Alain dit:

      J’ai souvent rencontré des graphistes qui faisaient des affiches. Mais ils étaient contre la pub.
      J’ai aussi souvent rencontré des « designers produits » qui étaient contre la société de consommation.

      Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi ils font du design et non pas de la politique? La politique aurait besoin d’eux.

    31. waldezign dit:

      Parce que la création est une activité égoïstement grisante! C’est un peu puéril, mais les designers ne sont-ils pas de grands enfants?

      Le pouvoir aussi est fascinant, certes, mais les politiques ont-il encore vraiment le pouvoir?

    32. Alain dit:

      Tu voudrais dire que nombre de designers sont de grands enfants qui n’ont pas su se libérer des maitres à penser de leur jeunesse pour vivre leur métier d’adultes?
      Charming! Mignon!
      Penses tu que ceux qui verbalisent le design pourrait tenir compte de cet éclairage?
      Il l’ignore ou ne veulent pas se priver de lecteurs. Peut-être?
      Il n’est pas bon de casser le jeu d’un enfant. Même à table.

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