• L’objet en question(s) : le pot de fleurs composteur des Transfarmers

    La rubrique “L’objet en question(s)” présente des portraits d’objet ou de séries d’objets, par leurs créateurs : l’histoire de leur genèse, leurs contraintes, leurs enjeux… Nous avons le plaisir de nous entretenir avec les Transfarmers, 4 amis qui, avec la collaboration du designer Romain Cuvellier, ont imaginé un pot de fleurs composteur à destination des citadins. Décoratif et écologique, cet objet sera présenté du 3 au 8 septembre, à Paris Design Week Factory. Interview :

    Pourriez-vous nous décrire votre projet en quelques mots ?
    Le point de départ des Transfarmers c’est le pot fleurs composteur. Né d’une prise de conscience face au gaspillage quotidien des déchets alimentaires et à la difficulté de trouver la solution qui nous convienne, le pot de fleurs composteur met en symbiose un composteur avec une plante. Fabriqué en terre cuite, ce pot est séparé en deux parties qui communiquent entre elles avec d’un côté la plante et de l’autre un lombricomposteur pour recycler toutes ses épluchures.

    Comment sont nés les Transfarmers ?
    Aliette, graphiste, au côté de Louis, Thomas et Henri, tous trois ingénieurs agronomes et amis de longue date, nous avons tenté l’aventure de lancer notre propre entreprise. Au départ en marge de nos activités professionnelles, et convaincus par les retours positifs et l’enthousiasme suscité par le projet, aujourd’hui presque tous à 100% .

    Comment ce projet vous a-t-il été confié ?
    Nous l’avons créé de toutes pièces !

    Quels étaient, selon vous, les principales contraintes et les principaux enjeux de ce projet ?
    Le principal enjeu est de donner envie à un large panel de personnes de composter à travers un objet utile et design, sans technologie nécessaire, et surtout en respectant le seul rythme de la nature.

    Quel était votre concept ou votre idée de départ ?
    De démocratiser la pratique du compostage en proposant une nouvelle alternative à la fois pratique et séduisante répondant aux exigences d’un usage en appartement. De plus, mettre le compost au contact de la plante de façon à ce qu’elle puisse profiter des apports d’eau et de nutriments a permis de rendre l’expérience plus agréable et plus parlante pour l’utilisateur.

    Pourquoi le projet a-t-il, au final, cette forme et ce ou ces matériaux ?
    Notre projet s’inscrivant dans une démarche durable et écologique, il a été évident pour nous de concevoir notre premier produit avec ces mêmes valeurs. La terre cuite, qui est un matériau ancestral, constitue la pièce principale. Elle est à la fois poreuse à l’eau et à l’air, ce qui convient tant à la plante qu’au compost. Elle provient de France (terre de Champagne), c’est un matériau naturel local et travaillé artisanalement par les Poterie d’Amance (labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant). Pour fermer les ouvertures du compost, nous avons choisi le liège qui est un matériau renouvelable et naturel. Enfin, la paroi intérieure, séparant le compost de la terre, est en plastique régénéré (issu de chutes industrielles) fabriquée en France.

    Qui étaient vos interlocuteurs chez votre client, et avec qui avez-vous du collaborer ?
    Nous avons travaillé avec un designer (Romain Cuvellier) pour définir la forme et les matériaux de notre concept. Ensuite, nous travaillons avec tous les fabricants des différentes pièces constitutives de l’objet à savoir (principalement) le potier, la manufacture de liège et l’usine qui produit les parois. Aussi, nous travaillons en étroite collaboration avec un éleveur de vers bretons. Aussi sensible que nous à l’économie circulaire, il nourrit ses vers avec du marc de café issu de la restauration locale.

    Au total, combien de personnes ont travaillé sur ce projet ?
    Une quinzaine.

    Quelles sont les difficultés que vous avez éventuellement rencontrées sur ce projet, et comment les avez-vous contournées ?
    La difficulté principale dans notre projet est liée au fait que le choix de la terre cuite rende longue et difficile la standardisation de l’objet. Prendre le temps de réaliser de nombreux essais et notre relation étroite avec le potier et les différents prestataires sont la clé du problème.

    Sur combien de temps s’est déroulé ce projet ?
    6 ans au total.

    Rétrospectivement, changeriez-vous aujourd’hui quelque chose à votre projet ?
    Non, ce qui a été fait est déjà énorme !

    Et pour finir, où en est ce projet ?
    Nous sommes sur le point de démarrer la commercialisation de notre produit via une e-boutique qui ouvrira en septembre 2020 ! Nous sommes impatients de franchir cette nouvelle grande étape de la commercialisation après celle du crowdfunding réalisé en 2019.

    Pour découvrir plus de travaux des Transfarmers, visitez leur site internet.

    Sur le même thème, retrouvez plus d’interviews de designers en visitant notre rubrique l’Objet en question(s).


    1 commentaire

    1. Maxime dit:

      Je trouve ce système vraiment génial. Avec un bon tuyau d’arrosage je pense que l’on peut obtenir de belle plante. Savez-vous si je peux en trouver en jardinerie ? Merci

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