• L’objet en question(s) : Le luminaire ELO par Bina Baitel

    La rubrique “L’objet en question(s)” présente des portraits d’objet ou de séries d’objets, par leurs créateurs : l’histoire de leur genèse, leurs contraintes, leurs enjeux… Aujourd’hui, nous avons échangé avec la designer Bina Baitel au sujet du luminaire ELO. Cette architecte de formation a créé son studio de design en 2006 et intervient dans des domaines très variés : art, mobilier, joaillerie, luminaire, architecture, scénographie… Elle revient pour nous sur sa dernière création, un luminaire nomade et élégant, fruit d’une vaste collaboration entre son studio de design, Designerbox, Leroy Merlin et Du Coté de Chez Vous. Interview :

    Pourriez-vous nous décrire votre projet en quelques mots ?
    ELO est une lampe nomade et autonome qui s’inspire de l’univers des arts de la table.

    Comment ce projet vous a-t-il été confié ?
    J’ai été contacté par Tomas Erel, le directeur de création de Designerbox, qui travaillait avec les équipes de Leroy Merlin et Du Coté de Chez Vous pour imaginer une lampe nomade relativement compacte et techniquement très performantes (autonomie, puissance d’éclairage).
    Le brief était la conception d’un luminaire qui répond au thème « bienvenu », une lampe dotée d’une forme bien identifiable qui puisse se poser sur une table et dont l’éclairage puissant devait être dirigé vers le bas pour ne pas éblouir.
    Comme de nombreux designers, j’avais déjà collaboré avec Designerbox. J’ai été choisie pour ce projet à la fois pour mon expérience de la lumière tactile et mon travail sur les formes d’objets revisités.

    Quels étaient, selon vous, les principales contraintes et les principaux enjeux de ce projet ?
    Le premier challenge était avant tout technique  puisqu’il s’agissait de faire un objet compact qui intègre 2 batteries, un certain nombre de LEDs et un interrupteur/variateur tactile… le deuxième était bien sûr le prix objectif (prix public à moins de 50€).

    Quel était votre concept ou votre idée de départ? Pourquoi le projet a-t-il, au final, cette forme et ce ou ces matériaux ?
    Il y a eu pas mal d’échanges et d’aller-retour, mais quand on s’est penché sur l’idée d’un objet accueillant, mon choix s’est très vite orienté vers un objet qui soit à la frontière entre les arts de la table et le luminaire. Un objet bienveillant que l’on puisse offrir ou glisser au milieu d’une tablée, des assiettes, des verres… en intérieur comme en extérieur et qui contribue à donner une ambiance conviviale.
    J’ai fait plusieurs propositions dont cette forme de bouteille assez compacte avec la partie haute opaque qui dissimule tous les éléments techniques et qui diffuse une lumière puissante en partie basse pour éclairer sans éblouir.

    Pour permettre à l’objet de voyager, j’ai ajouté un anneau amovible en partie haute qui permet d’accrocher la lampe à une branche, un câble et qui donne une certaine identité graphique à l’objet aussi. La forme qui est conçue de manière ergonomique, permet aussi de se saisir de l’objet au goulot et de l’utiliser à la manière d’une torche.
    Concernant les matériaux, compte tenu des volumes envisagés, on s’est orientée vers une injection plastique en ABS recyclable.

    Qui étaient vos interlocuteurs chez votre client, et avec qui avez-vous du collaborer ?
    Le projet a été élaboré en étroite collaboration avec Tomas Erel de DesignerBox qui est un véritable expert du design et le responsable produit luminaire chez Leroy Merlin, Giuseppe Sacchetti, qui a beaucoup d’idées et connait très bien les besoins de ses clients.

    Au total, combien de personnes ont travaillé sur ce projet ?
    Beaucoup des personnes ont travaillé sur ce projet. Entre l’équipe de DesignerBox, Leroy Merlin, Du Coté De Chez Vous et mon équipe, je ne saurais citer tout le monde mais j’aimerais remercier mon assistante Justine Fournier qui s’est beaucoup investie.

    Quelles sont les difficultés que vous avez éventuellement rencontrées sur ce projet, et comment les avez-vous contournées ?
    Honnêtement, il n’y a pas eu beaucoup de difficultés. L’idée de la bouteille, d’une forme que tout le monde perçoit comme évidente m’est venue assez rapidement. S’il faut chercher une difficulté, je dirais que le travail sur les dimensions pour trouver une ergonomie parfaite, a nécessité plusieurs maquettes et prototypes.

    Sur combien de temps s’est déroulé ce projet ?
    Le projet s’est déroulé extraordinairement vite. Il a commencé en juillet 2019, pour une sortie de produit en avril-mai 2020. C’est un temps très court mais nous avons travaillé pendant les vacances d’été et les moules ont pu être lancé avant le nouvel an chinois. Si la sortie a été un peu différée liés aux événements Covid, ELO est d’ores et déjà dans les magasins.

    Rétrospectivement, changeriez-vous aujourd’hui quelque chose à votre projet ?
    Honnêtement, je ne changerais pas grand-chose… ELO est sorti début Juillet dans la DesignerBox, chez Leroy Merlin et sur www.lightonline.fr. On a déjà lancé des améliorations et on réfléchit à de nouvelles déclinaisons.

    Et pour finir, où en est ce projet ?
    ELO a été lancée il y a un mois à peine et c’est déjà une grande réussite dans la presse qui est très enthousiaste, mais plus important, les ventes semblent s’amplifier de jour en jour et le succès est décidément au rendez-vous dans les magasins Leroy Merlin.

    Pour découvrir plus de travaux de Bina Baitel, visitez son site internet.

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